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Open d'Australie: Novak Djokovic, un peu moins prophète en son pays?

Open d'Australie: Novak Djokovic, un peu moins prophète en son pays?

TENNISLe parcours australien de l'idole de la Serbie ne soulève pas les foules...
Bertrand Volpilhac, en Serbie

Bertrand Volpilhac, en Serbie

De notre envoyé spécial à Belgrade,

Il neige sur Novak Djokovic. Alors que le numéro un mondial affronte vendredi matin Andy Murray dans la fournaise de Melbourne pour une place en finale de l’Open d’Australie, son immense portrait publicitaire surplombant la rocade menant au cœur de Belgrade, sa ville natale, est recouvert d’une épaisse couche blanche. A 15.420 kilomètres de la Rod Laver Arena, on suit le parcours de l’enfant chéri du peuple serbe dans le premier tournoi du Grand Chelem de la saison d’un œil bienveillant mais distrait.

>> Un match à suivre en live comme-à-la-maison vendredi

Ici, depuis qu’il a donné à la Serbie sa première Coupe Davis, fin 2010, Djokovic a été élevé au rang de dieu vivant. Quelques stars locales de volley tentent bien sporadiquement de lui voler un peu de lumière, mais son rayonnement planétaire fait aujourd’hui de ce gamin de 24 ans le phare de tout un pays. «Il a révolutionné le sport dans ce pays, explique Milan, médecin de 43 ans. Les gamins ne jouent désormais plus au foot mais au tennis. C’est une véritable idole.»

Une quinzaine de personnes dans son bar pour regarder son match, sans le son

Si bien qu’il est presque étonnant de ne pas voir ses performances australiennes soulever l’hystérie générale. L’équipe nationale de handball, qui vient d’atteindre les demies de son Euro, commence à passionner le pays et relègue Djoko en bas de page dans les journaux, surtout à la veille d’affronter le voisin honni croate. Chez «Novak», un bar restaurant chic tout à son effigie ouvert par ses frères à Belgrade et Novi Sad, seule une petite quinzaine de personnes suivait en direct son quart de finale face à Ferrer. Sans le son et sans la moindre exclamation lorsque, pourtant en difficulté, le n°1 mondial a gagné le deuxième set au tie-break. Bref, un intérêt limité que le décalage horaire n’explique qu’en partie.

«On est un peu comme ça, nous les Serbes, pas très démonstratifs, soulève Adam, un étudiant en train de siroter une tisane à la framboise devant le quart de Djokovic. Et puis, on le dit un peu blessé, moins en forme… Ce n’est pas qu’on ne s’intéresse pas, mais on s’inquiète pour lui, on a peur de le voir perdre. Ici, on a du mal à supporter la défaite.» Bref, s’il venait à dégringoler du classement ATP, Djokovic aurait sans doute du mal à conserver son statut de superstar en Serbie. Heureusement pour lui, son règne ne semble pas prêt de s’arrêter. A moins que Murray…