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Federer: Guillaume Raoux, première victime du Suisse en professionnel, raconte les débuts d'un géant
TENNIS•Le Français a été le premier joueur à s'incliner contre Roger Federer, qui affronte Rafael Nadal jeudi matin en en demi-finale à Melbourne...Alexandre Pedro
A l’image de sa carrière, le chiffre donne le tournis: 233. En cas de victoire sur Rafael Nadal jeudi matin en demi-finale de l’Open d’Australie, le Suisse égalera Jimmy Connors et ses 233 matchs gagnés en Grand-Chelem. A tout juste 30 ans (Connors était quadragénaire lors de ses derniers victoires), Federer n’en finit plus d’écrire l’histoire du tennis. Et comme dans toute histoire, il y a un début et une première victime. Le hasard a désigné Guillaume Raoux pour tenir ce rôle le 28 octobre 1998 au tournoi de Toulouse.
Aujourd’hui très occupé par son travail dans un fond d’investissement, le Français ne tire aucune fierté de ce statut. «C’est bien une histoire de journaliste, souffle-t-il. Ce n’est qu’une défaite à Toulouse au premier tour. J’ai perdu contre Federer. Deux jours plus tard, j’ai oublié que j’avais perdu contre Federer.» A l’époque, le Bâlois a 17 ans et pointe au-delà de la 800e du classement ATP. «Je le connaissais, je savais qu’il avait gagné l’US Open junior quelques semaines avant.»
Raoux: «Quand je perds contre lui, c’est d’abord une contre-performance de ma part»
Dans une salle annexe du Zénith de Toulouse, le petit nouveau ne laisse aucune chance à un Raoux, pourtant pas loin de pratiquer le meilleur tennis de sa carrière. «J’étais assez fatigué au retour d’un match de Coupe Davis en Israël. Il ne m’avait laissé aucune chance (6-2, 6-2).» Le Français est pourtant loin de se douter de la suite. «Le talent on ne le travaille pas, il l’avait déjà et dégageait déjà cette impression de facilité. Mais des gars qui tapent bien dans la balle, j’en croisais tous les jours à l’époque.»
Aussi doué soit-il, le Federer de 98 était encore un joueur en projet. «Il frappait moins fort et était beaucoup moins résistant. Il commettait aussi beaucoup plus de fautes. Le talent était là, mais pour réussir il faut des forces qui sont plus difficilement décelables, qui sont le mental et le physique. Je ne pouvais pas m’en apercevoir à l’époque. Ce n’était qu’un petit junior. Quand je perds contre lui, c’est d’abord une contre-performance de ma part.» Onze ans après et 16 tournois du Grand-Chelem sur le CV plus tard, la carrière du petit junior permet de relativiser cette contre-performance.
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