Open d'Australie: Gasquet attaque l'année avec une ambition toute mesurée

TENNIS Le Français préfère parler de plaisir que de se fixer des objectifs...

Alexandre Pedro

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Richard Gasquet, le 16 janvier 2012 à Melbourne.
Richard Gasquet, le 16 janvier 2012 à Melbourne. — T.Melville / REUTERS

Une conférence de presse de Richard Gasquet commence presque toujours par un point médical. Le Français n’a pas failli à sa réputation après sa victoire contre Andrea Seppi, au premier tour de l’Open d’Australie, lundi. «Je n'étais pas très bien ces derniers jours, j'avais mal à la cuisse donc je ne me suis pas bien entraîné… Et en plus il faisait très chaud.» Du Gasquet dans le texte. Aussi déconcertant que la fulgurance de ce revers qui doit l’amener au sommet de son sport.

Sauf qu’à 25 ans, la question n’est plus de savoir quand le Mozart de Sérignan remportera un tournoi du Grand-Chelem mais s’il en a finalement les capacités et surtout l’envie de s’en donner les moyens. Cas psychologique fascinant,  Gasquet a livré la semaine dernière une interview à l’Equipe qui risque de renforcer ses détracteurs dans leurs certitudes sur son manque d’ambition. «Je suis motivé mais je ne veux plus me prendre la tête, jure l’actuel 18e joueur mondial. Le côté ‘’il est plus dans les 10 premiers, on ne parle plus de lui’’ ça franchement je m’en fous. Je joue pour moi, pas pour le reste.»

«Faire un truc en Grand-Chelem»

En 2012,  il ne demande rien «d’autre qu’être en bonne santé et bien jouer.»  Si le tennis français voit (ou voyait?) grand pour lui, l’intéressé a toujours mis en avant son plaisir de jouer, ce plaisir simple de bien taper dans une petite balle jaune transmis par un père professeur de tennis autodidacte. Les rêves de victoire à Wimbledon ou Roland-Garros, il préfère les laisser à un Tsonga qui assure de son côté «ne pas jouer au tennis pour se contenter d’être dans les 50 premiers». 

Richard Gasquet lui préfère parler de «faire un truc» et évoque du bout des lèvres «une demi-finale dans un Grand-Chelem». Comme à Wimbledon en 2007. C’était avant l’affaire du vrai-faux contrôle positif à la cocaïne en 2009 sur laquelle il n’en finit plus de revenir sans même que son interlocuteur ne lui pose la question. «Si on veut me psychanalyser, on n'est pas prêt d’en finir.» L’avertissement date de 2008. Il est toujours d’actualité quatre ans plus tard au moment où Gasquet affronte le Kazakh Andrey Golubev au deuxième tour à Melbourne.