Dakar 2012: «Mon problème, c'est que je suis un peu bourrin»

RALLYE-RAID Bruno Miot est un amateur présent pour la première fois sur la course. Son objectif: ne pas détruire sa voiture...

Romain Scotto, à San Rafael (en Argentine)

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Le pilote français Bruno Miot, engagé sur un buggy pendant le Dakar, le 30 janvier 2011 à Mar Del Plata en Argentine.
Le pilote français Bruno Miot, engagé sur un buggy pendant le Dakar, le 30 janvier 2011 à Mar Del Plata en Argentine. — Romain Scotto/20minutes

Si la voiture numéro 422 est toujours au départ mardi matin, au bivouac de San Rafael,  Bruno Miot aura déjà rempli une partie de son contrat. Le pilote de 46 ans n’aura pas détruit sa voiture et sera en mesure de battre son record de longévité en rallye. Il y a quelques mois, sa première expérience au Maroc aurait pourtant pu l’écœurer définitivement des courses au long court: «En fait, j’ai commis à peu près toutes les conneries possibles. Je me suis un peu emballé. J’ai pris un muret en béton qui a abîmé la voiture, puis un gros trou. Au bout de trois jours, j’ai cassé mon copilote, qui a dû quitter la course à cause d’un tassement de vertèbres. Mon problème, c’est que je suis un peu bourrin. Donc il faut que je me calme. Il faut piloter cool.»

Pas évident pour quelqu’un qui a affûté son coup de volant sur la piste. En karting d’abord, où il a décroché un titre de champion de France. Puis sur les 24h du Mans, où il s’est classé 19e, il y a dix-huit ans. «C’est pour cela que j’ai tendance à vouloir en faire trop. Quand on vient du circuit, on a une vision de la chose un peu différente. On veut aller vite. Là, chaque mètre est différent. Le plus dur, c’est de garder son attention pendant plusieurs heures.»

Des voiturettes électriques limitées à 40km/h pour s’entraîner

Au volant de son buggy Optimus, celui qui habite depuis dix-sept ans à Saint-Barth, un confetti des Caraïbes, ne pourra pas se retourner contre sa voiture, «très facile à conduire. Mais pas à piloter, je n’irai pas jusque là.» Au moins le bizuth est lucide. Quand on roule toute l’année dans une voiturette électrique limitée à 40km/h, difficile de prétendre être un pilote de rallye-raid. «Pour l’entraînement, ce n’est pas top, oui, se marre l’intéressé. Pour l’instant je veux juste aller au bout, donc le but, c’est de conduire la voiture et de ne pas la piloter, la pousser dans ses retranchements.»

Pour ménager sa monture, il compte avant tout sur son nouveau copilote, Christophe Crespo, dont les vertèbres sont encore intactes. «A lui de me hurler dessus et me raisonner.» Au quotidien, c’est sa compagne, Amande, qui se charge de calmer cet accroc à l’adrénaline, «un vrai casse-cou qui aime les sensations fortes. L’effort.» Tous les jours, ce garagiste de métier s’inflige au moins une séance de footing, ski nautique, ou natation, quand il ne court pas le marathon de New-York ou gravit le Kilimandjaro. Des épreuves d’endurance qui exigent calme et patience.  Il lui en faudra aussi s’il veut rallier Lima, dans une quinzaine de jours.