Ligue 1: Quand Toulouse adopte enfin Umut Bulut
FOOTBALL•L'attaquant turc du TFC commence à s'imposer...A Toulouse, Nicolas Stival
En six jours, Umut Bulut a défrayé deux fois la chronique de la Ligue 1. L’attaquant turc du TFC est d’abord sorti de l’anonymat qui l’entourait depuis son arrivée de Trabzonspor (D1 turque) cet été, en inscrivant un but fabuleux –mais inutile- de 35 mètres, dimanche dernier à Lyon (3-2). La réalisation de samedi contre Evian-Thonon-Gaillard, dans les ultimes instants du match, a en revanche donné la victoire au sixième de L1 (2-1). Mais, avant de conclure une belle combinaison sur coup franc, initiée par Etienne Didot et relayée par Etienne Capoue, Bulut s’est procuré sept occasions plus ou moins nettes.
Courage et harcèlement
«Il ne se décourage pas, c’est pour ça que le groupe l’aime énormément», lance son entraîneur, Alain Casanova. «Cela nous fait vraiment plaisir qu’il marque, confirme le jeune milieu offensif Adrien Regattin, auteur d’une excellente rentrée contre le promu haut-savoyard. Il le mérite, il travaille beaucoup à l’entraînement. En match, il passe son temps à harceler les défenses. Quand on sort de dix ans en championnat de Turquie, c’est dur d’arriver en France. Il y a un temps d’adaptation. Mais il nous montre que c’est vraiment un très bon attaquant.» Si l’international turc de 28 ans n’a encore jamais marqué en dix sélections, il a frappé 61 fois en 142 matchs de L1 turque avec Trabzonspor.
Braaten: «C’est toujours difficile de se battre seul contre quatre défenseurs»
Manque d’automatismes et barrière de la langue Acheté 3,8 millions d’euros par le TFC, qui le suit depuis une double confrontation en Ligue Europa à l’été 2009, le meilleur buteur du club en championnat (quatre réalisations) peine pourtant à convaincre complètement dans le jeu. Le concurrent d’Emmanuel Rivière, à l’infirmerie jusqu’en 2012, ne compte pas ses efforts mais paraît parfois manquer de vitesse, voire de lucidité. Et il joue souvent à contretemps par rapport à ses coéquipiers. «C’est toujours difficile de se battre seul contre quatre défenseurs», plaide l’ailier droit Daniel Braaten. «Il fait énormément d’appels et il étire les lignes, ajoute Casanova. Le jour où on aura un meilleur timing entre le passeur et lui, il sera encore plus dangereux.» En attendant ce jour-là, Bulut, dont le français encore balbutiant retarde l’intégration définitive, continue à se battre. Et ses coéquipiers aiment ça. «C’est quelqu’un de très généreux, très apprécié, indique Etienne Didot. Il lui faut encore du temps, mais il nous fait beaucoup de bien.» Après une saison dernière marquée par les contre-performances d’attaquants trop tendres (Yannis Tafer et le Paraguayen Federico Santander), le TFC a appris l’indulgence.



















