Vendée Globe 2012: Pour les skippers, la course aux mécènes a commencé

VOILE La crise frappe aussi les «voileux», qui ont du mal à financer leurs projets...

A Nantes, Guillaume Frouin

— 

Le skipper français Jean Le Cam a son arrivée aux Sables d'Olonnes à l'issue du Vendée Globe 2008, en janvier 2009.
Le skipper français Jean Le Cam a son arrivée aux Sables d'Olonnes à l'issue du Vendée Globe 2008, en janvier 2009. — JACQUES BRINON/AP/SIPA

Le compte à rebours a déjà commencé. A moins d’un an du départ du Vendée Globe 2012, seuls quatorze skippers ont bouclé leur budget, là où trente avaient pris le départ  en 2008 de la course en solitaire autour du monde. La faute à la crise, qui affecte les budgets communication de leurs sponsors. Ce lundi, à Nantes, vingt concurrents en sursis ont ainsi été invités à participer à une «matinée de présentation» de «l’Everest des mers» devant 150 chefs d’entreprises - et autant de mécènes potentiels.

Jean Le Cam est aussi en sursis 

Parmi eux, on retrouvait la navigatrice anglaise Samantha Davies ou le récent vainqueur de la Solitaire du Figaro, Jérémie Beyou. Jean Le Cam, deuxième du Vendée Globe 2004, fait aussi partie du lot. «Je me donne jusqu’à février pour trouver», soupire «le roi Jean». «Mon ancien sponsor, VM Matériaux, a arrêté le partenariat car il n’avait pas de visibilité sur son marché...» 

Pour lui trouver un sponsor, à lui et aux autres, les organisateurs incitent donc les PME à se lancer dans le «co-sponsoring» à plusieurs. «Des bateaux de seconde génération peuvent très bien remporter la course, comme en 2004 avec Vincent Riou», fait aussi remarquer Luc Talbourdet, président de l’Imoca, association de coureurs et d’organisateurs de courses au large. «Là où un bateau neuf aura coûté 3 millions d’euros, il est possible d’en acheter un pour 1,5 million d’euros. Comme il n’y aura qu’une vingtaine de concurrents en 2012, les retombées médiatiques pour chaque entreprise seront aussi divisées en vingt, et non plus trente». 

«Le retour sur investissement est de l’ordre de 1 à 20, quel que soit le classement» 

Les sponsors actuels du Vendée Globe, exhortent aussi les autres entreprises à faire preuve de «courage», valeur chère à la voile. «Le retour sur investissement est de l’ordre de 1 à 20, quel que soit le classement», insiste Patricia Brochard, co-présidente du groupe agro-alimentaire Sodebo.