Jo-Wilfried Tsonga: «Djokovic n'a pas encore la même aura que Nadal ou Federer»

TENNIS Désormais qualifié pour les Masters de Londres, Jo-Wilfried Tsonga veut aller au bout à Bercy, et envisage avec confiance son quart de finale face à Djokovic vendredi...

B.V. à Bercy

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Jo-Wilfried Tsonga après sa victoire face à Seppi, le 10 novembre 2011
Jo-Wilfried Tsonga après sa victoire face à Seppi, le 10 novembre 2011 — J.NAEGELEN/REUTERS

C’est le cœur léger que Jo-Wilfried Tsonga est entré sur le court central du POPB jeudi après-midi. Deux heures plus tôt, il avait appris sa qualification pour le Masters de Londres, grâce à la victoire de Berdych sur Tipsarevic. Ce qui a eu le mérite de le décontracter pour battre Seppi au troisième tour (6/3, 6/4), mais certainement pas de le détourner de son objectif principal: aller loin dans le tournoi parisien, qu’il a déjà remporté en 2008. Prochaine étape, Novak Djokovic, en quart de finale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le numéro 1 mondial réussit plutôt bien au Manceau.

Ca y est, c’est fait, vous êtes au Masters. Pensez-vous toujours que Londres est la cerise sur le gâteau et que votre réel objectif est Bercy?
Bien sûr! Mon premier objectif est de gagner ici. J’ai d’autres objectifs ici que de me qualifier pour Londres. J’ai envie de bien faire car on est en France, mais aussi parce qu’avec une bonne performance ici, je peux finir l’année à un meilleur classement. Je suis très heureux d’être au Masters mais c’est dans deux semaines. Avant cela, il y a plein de choses à faire. La première, c’est d’essayer de gagner un super match demain (vendredi).

Saviez-vous avant le match que vous étiez qualifié?
Oui, je le savais. C’est un bon sentiment et j’en suis très heureux. Ca m’a permis d’être plus relaxé pendant le match.

«Quand je joue contre Djokovic, je n'ai rien à perdre»

A quel moment, dans la saison, vous vous êtes dit que le Masters était envisageable?
Quand j’ai bien joué à Wimbledon (demi-finale) j’y croyais déjà. Et l’an passé, en fin de saison, j’avais bien joué et j’avais pris pas mal de points. Du coup, je sentais qu’il était possible de refaire la même chose.

Estimez-vous que par rapport aux autres français du Top 20 (Monfils, Simon, Gasquet) vous êtes un leader avec cette deuxième qualification (il est le premier depuis Leconte à y aller deux fois) pour le Masters?
C’est difficile à dire. J’ai toujours mené ma carrière d’une manière individualiste. Mais quand nous sommes en Coupe Davis, on est tous ensemble. Chacun interprète ces résultats comme il le souhaite. Si je suis un leader pour certains, tant mieux. Si je ne le suis pas pour d’autre, tant pis.

Vendredi, vous affrontez Novak Djokovic, contre qui – vous êtes un des seuls d’ailleurs – vous avez un bilan positif (5 victoires à 4, dont 3 à 0 en Indoor)…
Quoi qu’il se passe, il joue toujours bien. Moi, je n’ai rien à perdre, et c’est à ça que je pense que je rentre sur le court face à lui. C’est sans doute pour ça qu’à chaque fois que je joue contre lui, je joue mon meilleur tennis.

«Demain, il va jouer son meilleur tennis»

C’est spécial de jouer contre lui?

Pas encore autant que jouer contre Nadal ou Federer.

Pourquoi?
Il n’a pas encore la même aura qu’eux. Attention, je n’ai pas dit qu’il ne jouait pas aussi bien, n’allez pas écrire n’importe quoi (rires) ! Mais il est encore loin de ce que les deux ont réussi dans leur carrière. Gagner contre Djokovic, ça signifie moins que battre Rafa ou Roger.

Avec sa blessure et son état de forme incertain, vous êtes favori?

Vous savez, je commence à connaitre le tennis. Un jour on peut  être moins bien, comme lui aujourd’hui, et le lendemain… Je suis sûr que demain (vendredi) il va tout donner sur le court. C’est lui le numéro un mondial, et c’est sûr qu’il va jouer son meilleur tennis.