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Jean-François Caujolle: «Djokovic arrive pour gagner, pas pour faire de la figuration»

Jean-François Caujolle: «Djokovic arrive pour gagner, pas pour faire de la figuration»

TENNISJean-François Caujolle, directeur du BNP Paribas Masters de Bercy, fait le point sur la 25e édition qui se tient jusqu’au 13 novembre...
Recueilli par Julie Lévy-Marchal

Recueilli par Julie Lévy-Marchal

Alors que le BNP Paribas Maters de Bercy fête son 25e anniversaire, le tournoi se donne une nouvelle jeunesse: Identité, billetterie, et stars du tennis, Jean-François Caujolle, l’artisan de ce renouveau et directeur du Masters, dit tout à 20 Minutes...

Quelle est l’identité de ce Masters?

Le BNP Paribas a une vraie identité propre. C’est un tournoi «indoorground» urbain, destiné aux Parisiens. On se plaignait souvent que Bercy se jouait dans un parking. Roland-Garros était la lumière et Bercy, le tournoi de l’ombre. Désormais, nous nous servons des forces de Bercy, et nous offrons un tennis plus rapide, des matchs en 3 sets, et une surface indoor pour des joueurs plus offensifs. Ce n‘est en aucun cas un tournoi de préparation ou qualificatif pour les Masters de Londres qui se tiennent une semaine plus tard.

Pourtant, le Masters est souvent l’occasion de faire les comptes de ceux qui joueront à Londres ou pas…

Peut-être. Mais souvent, les dés sont jetés bien avant. Cette année, il ne reste que trois places à attribuer. On reçoit des grands joueurs, et ceux qui ont leur ticket pour Londres se déplacent quand même. Federer ou Murray sont là. Et Novak Djokovic qui semblait incertain sera là dès mardi. Attention, il arrive pour gagner, pas pour faire de la figuration. Il assume son statut de n°1 mondial, et il ne vient pas là pour juste prendre un chèque. De toutes façons, même s’il fait partie des favoris, je ne le donne pas gagnant.

Qui voyez-vous en favoris alors?

Federer, c’est sûr. Et Jo [Jo-Wilfried Tsonga], qui est déjà qualifié à mon sens pour Londres. Au niveau comptable, je ne vois pas par quelles circonstances incroyables il ne prendrait pas sa place à Londres. [Il n’ya que 8 places.] Donc je le vois bien en finale ici. Et puis je sens bien Gaël [Monfils]. Il ne doit pas faire de miracle puisqu’il a déjà été deux fois en finale, mais il va devoir faire un effort. C’est carrément jouable. Djoko, j’attends de le voir, plus moralement que physiquement pour connaître ses chances.

Nadal, forfait, n’avait aucune chance?

Il avait ses chances bien sûr, mais le indoor n’est pas sa surface préférée. Elle est d’ailleurs la surface la plus difficile pour s’exprimer. C’est sûr, c’est dommageable. J’ai pris son forfait avec beaucoup de détachement. Si Bercy n’était qu’un petit tournoi où seul Nadal faisait le show, j’aurais été effondré. Mais là, Bercy est un événement qui accueille les meilleurs mondiaux.

Bercy est-il un Masters populaire auprès du public?

Oui. On est sur le point de dépasser le nombre de places vendues par rapport à l’an dernier (130.000 à la place de 125.000), qui dépassait déjà le nombre de l’an passé. C’est une réussite.

Est-ce grâce aux changements que vous avez apportés?

On a changé la surface par rapport à l’an dernier, tout en la gardant toujours très rapide. Ca me tient à cœur parce qu’on touche au sportif. Je veux absolument qu’il y ait des tournois où les balles sont plus rapides, pour un jeu moins monotone et des joueurs plus offensifs. Lorsque le jeu est plus rapide, il est plus difficile, et les joueurs produisent un meilleur tennis. On a dû cependant, cette année, ralentir la surface pour être cohérent avec Londres. Le but, c’est de varier le jeu, pas de massacrer physiquement le joueur en changeant les balles, les surfaces… Il en va de leur intégrité physique.