Supercross de Bercy: Le pilote Tom Pagès décrypte son saut fétiche, le «Volt»

MOTO Il le réalise ce-week-end lors de l'épreuve freestyle...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Le pilote de motocross freestyle, Tom Pagès, réalisant un Volt, lors du Supercross de Bercy en 2010.
Le pilote de motocross freestyle, Tom Pagès, réalisant un Volt, lors du Supercross de Bercy en 2010. — Larivière Organisation

Sauter d’un tremplin en moto en réalisant un tour complet en l’air tout en lâchant le guidon. Voilà la figure que s’apprête à réaliser Tom Pagès, ce week-end à Bercy à l’occasion du Supercross. En lévitation sur sa moto pendant une seconde, le pilote français est l’un des rares à réaliser ce saut en compétition freestyle, avec une étonnante fluidité. La manœuvre est pourtant très risquée. Décryptage avec ce funambule motorisé.

 

L’entraînement: «Cette figure demande beaucoup de préparation. Je la répète dans un bac à mousse pour sécuriser la réception. Je fais ça dans mon parc privé, à Hossegor. C’est un bac de trois mètres de haut, rempli de cubes de 400mètres cube de mousse comme on en trouve en gym. On atterrit là-dedans pour préparer des trucs difficiles. En cas de chute, ça amortit. Il m’a fallu une bonne centaine de saut pour en réaliser un dans le bac à mousse sans jeter la moto. Deux mois d’entraînement avant d’en valider cinq sur cinq chaque jour. Il m’arrive de m’entraîner sur dur, mais c’est rare.»

La technique: «J’ai des repères pendant la figure. Tout est millimétré. Ma prise d’élan est plus lente que les autres pour accélérer pendant le saut, justement. J’appuie sur les cale-pieds pour projeter mes pieds en l’air. Je pense à énormément tirer sur mon guidon pour me rapprocher de ma moto. Puis, j’envoie ma jambe droite à gauche de la moto. Je lâche la main gauche pour commencer à tourner le corps. Puis, je lâche ma main droite avant de rattraper le guidon avec ma main gauche. Le risque, c’est d’entraîner la moto dans la rotation avec ma main qui est sur la poignée de gaz, à droite.»

La lévitation: «On est dans l’inconnu pendant un moment. On lâche tout, on n’a plus aucun contact avec la moto et on est à l’envers. Au moment où je pars, les automatismes se mettent en marche. Au début, j’avais l’impression que c’était très, très long. Alors que je dois ester une seconde en l’air. A ce moment-là, j’essaye de faire le vide et me concentrer sur ma figure. Il m’est déjà arrivé de regarder vers le bas, c’est super dangereux. Il faut que je passe en pilotage automatique. Que ma tête soit autre part, déjà à la réception, par terre.»

Le mental: «Quand je m’entraîne, j’essaie de m’arrêter sur une bonne impression. Si je rate un saut dans le bac à mousse, j’essaie d’en faire trois parfaitement derrière. Ça me met en confiance. Sinon, je balise et ce n’est pas évident d’y aller en compétition. C’est psychologique. Quand je m’élance, je me dis que c’est maintenant et pas autrement. Là, je ne pense plus à rien. On ressent le sentiment de peur à chaque fois, c’est impressionnant. C’est la peur de tomber.»