Thierry Dusautoir maintient que Joubert était «le meilleur arbitre pour la finale»

RUGBY Le capitaine des Bleus n'est pas rancunier, trois jours après la défaite contre les Blacks...

R.S.

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Thierry Dusautoir, élu meilleur joueur de l'année 2011 par l'iRB, après la défaite contre les All Blacks en finale, le 23 octobre 2011.
Thierry Dusautoir, élu meilleur joueur de l'année 2011 par l'iRB, après la défaite contre les All Blacks en finale, le 23 octobre 2011. — Anthony Phelps / Reuters

Thierry Dusautoir commence à peine à souffler. Dans la foulée d’une finale perdue contre les Blacks, le capitaine des Bleus n’a pas perdu son temps, enchaînant avec la remise du trophée de meilleur joueur au monde. Puis les interventions devant les médias. Le Toulousain s’est confié à L’Equipe et Sud-Ouest pour deux interviews dans lesquelles il revient sur tous les moments forts de cette Coupe du monde.

Dans Sud-Ouest, Dusautoir revient d’abord sur l’arbitrage de Craig Joubert lors de la finale, sans le critiquer. «Je pense qu'il n'y avait pas de meilleur arbitre pour diriger cette finale, soutient le chef de finale des Bleus, pas rancunier. Joubert, c'est le meilleur. Je le pense toujours. Il y a eu des erreurs contre nous mais je n'aurais pas souhaité quelqu'un d'autre.» Durant ce match, l’arbitre avait notamment oublié de sanctionner Richie McCaw, lui-même victime d’une fourchette présumée d’Aurélien Rougerie, selon la presse néo-zélandaise. Dusautoir évoque un simple «fait de jeu», monté en épingle par «l’environnement extérieur».

Arracher le respect des Blacks

A plusieurs reprises, les Bleus ont d’ailleurs été mis à l’index par la presse. Après la victoire étriquée contre Galles, en demi-finale, ils auraient pu se servir des critiques pour renforcer leur cohésion. Il n’en a rien été. «Le groupe a essayé de s'en servir mais très vite j'ai dit aux gars: “Arrêtez de lire ces saloperies”. On était en train de se nourrir d'une énergie négative, analyse Dusautoir. Ça finit par parasiter la perception des choses. Il était préférable de lire les messages des amis et des familles qui nous disaient qu'on était les meilleurs du monde, même après les Tonga.» Un match qui a servi d’électrochoc à l’équipe de France pour se relever et retrouver un supplément d’âme.

«On n’a peut-être pas pratiqué le rugby le plus spectaculaire, mais on a joué avec nos tripes. On oublie trop souvent que c’est un sport de combat. Ce n’est pas seulement des “skills” (de la technique) et des combinaisons.» De cette Coupe du monde, il retient aussi une relation forte avec Marc Lièvremont, dont il excuse les sorties médiatiques incisives. Des «maladresses», juge Dusautoir. Pendant deux mois, les rapports entre le groupe et leur sélectionneur n’ont pas été «lisses. A l’image de l’équipe de France. Il s’est peut-être senti exclu la dernière semaine, mais je crois surtout que, pour cet événement, chacun s’est recentré sur lui-même.» Au final, les Bleus ont perdu, ne seront pas champions du monde, «mais ont marqué ceux qui ont obtenu le titre», savoure le meilleur joueur au monde. «On est venus ici et on leur a arraché le respect. Un lot de consolation, mais dans une vie, c’est important.»