Rugby: François Trinh-Duc aura tout connu

COUPE DU MONDE Titulaire devenu remplaçant, le Montpelliérain a failli terminer en héros une Coupe du monde où il avoue avoir beaucoup souffert en silence...

Alexandre Pedro, à Auckland (Nouvelle-Zélande)

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François Trinh-Duc, le 8 octobre 2011 à Auckland.
François Trinh-Duc, le 8 octobre 2011 à Auckland. — B.Cristel / REUTERS

A deux mètres près, le destin de François Trinh-Duc a failli ressembler à celui d’un Zinédine Zidane au soir d’un certain 12 juillet 1998. Deux mètres, c’est la distance qui sépare la Nouvelle-Zélande qui rit d’une France en larmes. Personne n’a pourtant idée de reprocher au Montpelliérain cette pénalité ratée de la 65e minute tentée  à presque 50 mètres. «Je me suis aussi improvisé buteur, explique-t-il. Je me la sentais bien, elle ne passe. C’est dommage.»

Depuis un mois, François Trinh-Duc c’était surtout improvisé remplaçant. Installé au poste d’ouvreur contre vents et marées par Marc Lièvremont, il a perdu sa place au profit de son copain et ancien partenaire de charnière, Morgan Parra, redevenu numéro dix à la demande d’un sélectionneur qui n’a pas pardonné à Trinh-Duc ses sorties ratées face au Japon et au Canada. Avec tout juste deux heures de recul, l’intéressé livre une première analyse de ses deux derniers mois. «Je ne m’attendais pas à une Coupe du monde comme celle que je viens de vivre. Je me suis forgé un caractère, j’ai pris sur mois, on me demandait pourquoi je ne jouais plus et j’étais comme un con à ne pas pouvoir répondre», reconnaît celui qui est devenu papa d’un petit Theo une semaine avant son départ pour la Nouvelle-Zélande.

Titulaire à priori indiscutable (surtout après le forfait de David Skrela), Trinh-Duc dit avoir souffert en silence: «J’ai fermé ma gueule pour le bien de l’équipe.» Sa rentrée en finale à la place d’un Parra sonné après tout juste 20 minutes, il admet l’avoir vécue «de façon un peu égoiste». Cette approche narcissique doit avoir du bon puisque l’Héraultais a rayonné comme le leader d’attaque que Marc Lièvremont a toujours cru voir en lui depuis près de quatre ans. Il lui a juste manqué deux mètres pour faire basculer du bon côté son destin et celui du rugby français.