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Julien Lizeroux: «Pour l'instant, je ne pense pas à arrêter»
SKI•Blessé au genou gauche, le slalomeur français a fait une croix sur toute sa saison 2011 - 2012...Propos recueillis par Romain Scotto
Cette saison, Julien Lizeroux ne prendra pas un seul départ en Coupe du monde. Le slalomeur, opéré du tendon du genou gauche le 20 juin, est contraint de faire l’impasse sur toute la saison qui débute le week-end prochain à Sölden. Après un an de rééducation, il envisagera éventuellement un retour sur les skis au plus haut niveau. En attendant, il espère déjà réapprendre à courir comme n’importe quel sportif du dimanche.
Où en êtes-vous de votre rééducation?
Je me suis fait opérer du genou au mois de juin. J’ai eu un diagnostic médical un peu tardif. Je me suis rendu compte que mon quadriceps ne s'insérait plus sur la rotule. La seule option était la chirurgie. C’était une grosse opération. Il faut que le tendon refasse ses attaches sur l’os. J’ai passé 45 jours avec mon attèle sur le canapé puis j’ai entamé ma rééducation.
Vous ne vous êtes pas fixé de délai pour revenir?
Non, on ne sait pas. Dans le doute, il vaut mieux y aller mollo. C’est mon genou qui dicte la convalescence. J’ai repris le vélo récemment. Je remets la machine en route, mais il faut que je donne de l’élasticité à ce tendon sans créer d’inflammation. Je suis bien entouré, mais il faut que je sois calme et patient. Ce ne sont pas mes plus grandes vertus. Mon objectif, ce n’est pas de faire du ski de haut niveau. C’est déjà de refaire du sport. Faire du ski, je n’y pense pas pour l’instant. D’abord, il fallait remarcher, après ce sera recourir. Aujourd’hui, je fais 20, 30 bornes de vélo par jour sur du plat. Ça ne me fait pas mal du tout.
Pourquoi avoir attendu juin pour vous faire opérer?
Parce que j’ai eu un diagnostic à la fin du mois d’avril! Il me faut un an de rééducation. Donc de juin à juin. J’ai 32 ans, je sais où j’ai envie d’aller, je connais les moyens à mettre en place pour y arriver. Je suis prêt à faire tous les sacrifices pour refaire du sport de haut niveau, mais je ne suis pas prêt à payer le prix fort, c'est-à-dire ne pas marcher à 40 ans.
Une saison sans ski, cela ne vous fait pas peur?
Non ça m’est déjà arrivé trois fois dans ma carrière. Le retour sur les skis se fera très bien. En termes de sensations, je ne suis pas inquiet.
Par rapport aux autres blessures que vous avez connues, celle-ci est-elle la plus grave?
Elle est différente de ce qu’on a l’habitude de voir. C’est pour ça que les chirurgiens me disent d’être très calme. Mes ménisques, mes cartilages, mes tendons sont en pleine forme. Mais mon tendon est fatigué. C’est à moi d’être à l’écoute de mon genou.
Allez-vous profiter de cette année «off» pour explorer de nouvelles choses?
Oui, j’aurai plus de temps. Mais ma rééducation me prend du temps. Les journées sont courtes. Je vais voyager un peu, suivre le ski. Je vais être consultant pour Eurosport, suivre les copains, je suis leur premier supporter.
Ne pensez-vous pas déjà à l’après-ski?
Non, parce que le jour où ça arrivera, je penserai à arrêter. Ce n’est pas le cas pour l’instant. Je ne dis pas que je vais continuer à tout prix. Si au printemps prochain, je ne suis pas capable de virer sur les skis, je penserai à autre chose. Mais là, j’ai envie de retâter de la compétition.
Avec toutes les blessures que vous avez connues, vous considérez-vous comme un malchanceux?
C’est toujours à double tranchant. En ski, soit t’es un mec en carton, très fragile, soit t'es un mec un peu taré qui dépasse ses limites assez souvent. Je pense qu’il y a un peu des deux chez moi. J’ai souvent des problèmes de tendons parce que je suis très tonique, pas musculeux. J’ai une grosse puissance et ce sont les tendons qui prennent. Après, dans le ski, la blessure est un passage obligé. Il te permet de mûrir, d’être à l’écoute de ton corps et de progresser. Sur les vingt skieurs de l’équipe de France masculine, il n’y en a que cinq qui ne se sont pas fait opérer du genou.



















