David Ellis: «Je me sens plus français qu'anglais»

COUPE DU MONDE Le Monsieur défense des Bleus aborde le prochain France-Angleterre avec un humour tout britannique...

A.P. à Auckland

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David Ellis, le 4 octobre 2011 à Auckland.
David Ellis, le 4 octobre 2011 à Auckland. — F.Fife / AFP

De notre envoyé spécial en Nouvelle-Zélande,

A première vue, David Ellis a tout d’un intrus dans le staff de l’équipe de France. Anglais et venu du rugby à XIII, cet ancien mineur (qui garde une rancune tenace envers Margaret Thatcher) a pour mission de coordonner la défense des Bleus depuis onze ans déjà. A l’heure de retrouver son pays natal pour une place en demi-finale de la Coupe du monde, son cœur ne balance pas.

Comment vivez-vous les jours qui précèdent un France-Angleterre?
Je les vis très bien. Dans la semaine, je suis très souvent chambré par les joueurs, mais j’aime ça. Je donne quelques réponses en anglais et après, ça monte doucement. C’est toujours un peu plus chaud à ce niveau. Cette semaine, ils ont décidé de porter la moustache pour me soutenir. Didier Retière a commencé il y trois semaine mais on ne voit toujours rien. Marc (Lièvremont) avait la même moustache que moi au début mais il l’a rasée pour obtenir un style plus Freddie Mercury.

Comment jugez-vous le niveau de la défense de l’équipe de France dont vous avez la charge?
C’est compliqué. Face au Japon et au Canada, ça s’est plus ou moins bien passé. Contre les Blacks, on commet trois erreurs, qui coûtent trois essais, mais ce sont des erreurs individuelles et inhabituelles. En revanche, j’ai félicité les joueurs pour le comportement en défense face aux Tonga. S’ils avaient lâché, on serait déjà en France. Je n’ai jamais vu un placage comme celui de Maxime Médard, il sauve un essai sur un cinq contre un. Je ne sais pas ce qui se serait passé si on avait pris cet essai.

Samedi allez-vous chanter La Marseille ou God save the Queen?
Ni l’un ni l’autre. Je ne sais pas chanter. Aujourd’hui, je suis considéré comme un Français par le staff, par l’équipe et je l’espère, par les supporters. Je suis né en Angleterre, mais je n’y suis pas retourné depuis 1985 après la fameuse grève des mineurs.

Est-ce que vous vous sentez toujours anglais?
Je vous assure, je me sens plus français qu’anglais. Demandez plutôt à mon fils, c’est le premier supporter de l’équipe de France.

Que pensez-vous du maillot noir de l’Angleterre?
Je ne comprends pas, parce que ça n’a jamais existé dans l’histoire du rugby anglais. C’est peut-être pour venir chambrer l’équipe des All Blacks. C’est un peu prétentieux, comme toujours avec eux.

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