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Lionel Nallet: «On est tombé dans le n'importe quoi»
COUPE DU MONDE•A quatre jours de défier l'Angleterre, le doyen fait son mea-culpa et celui de tout un groupe au passage...Propos recueillis par A.P. à Auckland
De notre envoyé spécial,
Depuis le début de la semaine, les joueurs de l’équipe de France ont décidé de durcir le ton et se regardent enfin dans un miroir. Et ce qu’ils y voient ne leur fait pas plaisir comme l’avoue Lionel Nallet. A 35 ans, le deuxième-ligne veut que les actes remplacent enfin les mots. Il vaut mieux tard que jamais avant le quart de finale face à l’Angleterre de samedi.
Il y a-t-il eu une prise de conscience collective après la défaite face aux Tonga?
On rêve tous de disputer une Coupe du monde, on s’accroche depuis quatre ans pour y être, c’est notre rêve d’enfant et quand on y est… Rien. On regarde tout ce qui passe autour de nous, on se plaint de tout, des entraînements trop longs, de tout et rien. On est tombé dans le n’importe quoi. Cette défaite a au moins fait réagir l’équipe. Je ne dis pas qu’on va battre l’Angleterre mais on présentera un tout autre visage.
Etiez-vous en colère contre vous-même après ce match?
Oui, j'en ai gros sur le cœur, mais c'est une colère contre moi-même. C'est vrai que vous (les journalistes) êtes pénibles (rires). Mais ce n'est même pas contre vous. On ne s'est pas engagés contre les Tonga. Et si moi, le doyen, je ne le fais pas…
Le groupe est-il enfin en train de se souder?
Honnêtement, l’ambiance est bonne dans le groupe, on s’apprécie vraiment mais à un moment on est devenu trop poli entre nous. On avait peur de froisser l’autre parce qu’on l’apprécie. C’est un paradoxe qui a empêché l’équipe d’avancer.
Ressentiez le besoin de plus communiquer entre vous ?
Les mots ne font rien et n’apporte rien. Il faut des actes maintenant. C’est bien beau de parler mais on a d’abord 80 minutes à jouer sur un terrain et là il n’y aura plus besoin de mots. J’ai d’abord envie qu’on sorte de ce match sans avoir des regrets.
Affronter l’Angleterre on ne peut pas rêver mieux pour stimuler une équipe de France?
Ouais les Anglais (soupire)… Je m’en fous de tomber sur l’Angleterre ou une autre équipe. C’est nous qui avons d’abord besoin de nous retrouver. L’adversaire importe peu.
Est-ce que vous vous dites qu’il s’agit peut être votre dernier match en équipe de France?
J'ai 35 ans, c'est ma dernière Coupe du Monde, à un moment, je me demande : 'Qu'est-ce que j'ai foutu ?'. Si ça se trouve, il me reste 80 minutes avec le maillot bleu sur les épaules.



















