US Open: Rafael Nadal, le syndicaliste du circuit

TENNIS Discret à ses débuts, l'Espagnol n'hésite plus à s'élever contre les décisions des organisateurs de tournois du Grand chelem et de l'ATP...

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Le tennisman espagnol Rafael Nadal, lors de son match contre Gilles Müller, le 6 septembre 2011 à l'US Open.
Le tennisman espagnol Rafael Nadal, lors de son match contre Gilles Müller, le 6 septembre 2011 à l'US Open. — L.Nicholson/REUTERS

Trois jeux perdus entre deux averses contre Gilles Müller, ça vous chiffonne un Rafael Nadal. Surtout quand l’Espagnol n’a pas envie de taper la balle, et se planque dans le vestiaire en attendant la fin de la pluie. Le numéro 2 mondial n’a donc disputé que trois jeu dans son huitième de finale, avant de piquer sa crise. Sur un court qu’il juge humide, donc dangereux, le Majorquin n’est pas du genre à aller au casse-pipe. Sauf quand l’ordre vient d’en haut, et qu’il est obligé de s’y plier.

«C’est toujours la même histoire… Ils ne pensent qu’au fric. Les tournois du Grand Chelem ont trop de pouvoir et ils ne se soucient pas des joueurs, peste l’Espagnol relayé par l’AFP. Je sais qu'il y a différents intérêts qui gravitent autour, mais les choses ne sont pas justes ainsi.» Agacé, Nadal pointe donc l’attitude des organisateurs, effrayés à l’idée de rembourser plusieurs milliers de billets s’ils ne peuvent offrir au moins 90 minutes de tennis au public.

«Dans ATP, il y a P comme players»

Pour le joueur, très investi dans un rôle de délégué, c’en est trop. «Il faut changer cela et la seule façon de le faire c'est que les joueurs s'unissent et que l'ATP nous soutienne. Je n'apprécie pas de devoir être là devant les caméras à dire ces choses car je passe pour le rebelle, ce que je ne suis pas, mais je quand je sens que quelque chose est injuste, je dois le dénoncer», grommelle l’Espagnol qui porte à merveille sa casquette de syndicaliste. Depuis 2010, Rafa est aussi vice-président du conseil des joueurs de l’ATP, derrière Roger Federer, le patron du circuit. Sa voix est légitime. Alors le Majorquin en profite.

Le jeune bizuth des années 2000 n’a plus rien à voir avec le porte-parole d’aujourd’hui. Peu à peu, il est sorti depuis de sa coquille, a appris à l’anglais qu’il maîtrise presque aussi bien que le revers lifté. Pour tout organisateur de tournoi, son avis compte sur la surface, le public ou les médias. Idem auprès de l’ATP (qui ne gère pas les Grands Chelem, organisés par l’ITF, la fédération internationale), contre qui le joueur n’hésite pas à s’élever. «Dans ATP, il y a P comme players», rappelle souvent Rafa. Son combat: Le calendrier, surchargé à son goût. Il y a trois ans, il s’était aussi déjà insurgé contre la réduction de la saison sur terre, sans pour autant s’emporter. Dans l’échelle de la nervosité, les récriminations des jours derniers prouvent qu’il a clairement franchi un pallier. Il ne faudrait pas continuer longtemps à le chatouiller.