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Takapuna a adopté les Bleus pour la Coupe du monde

Takapuna a adopté les Bleus pour la Coupe du monde

RUGBYDans la ville hôte du XV de France, le bleu, le blanc et le rouge rivalisent presque avec le noir des All-Blacks...
Alexandre Pedro à Auckland

Alexandre Pedro à Auckland

De notre envoyé spécial à Auckland,

Un kiwi tatoué sur le bras gauche et une passion aussi débordante pour Serge Blanco que pour le whisky on the rocks, Peter accueille le Français en ami et à sa façon au pub irlandais de Takapuna: «Bottez le cul des Anglais. Je les déteste, il faut que vous leur bottiez le cul.» Juré, on fera passer le message. Depuis l’arrivée des Bleus et de leur suite de journalistes, la petite cité balnéaire – plutôt cossue – au nord d’Auckland s’est peinte en bleu, blanc, rouge. «We adopted a second team: France!» Le message est clair et démultiplié sur des affiches qui ornent les devantures des boutiques, Takapuna a fait du XV de France sa seconde équipe derrière les All-Blacks.

Caroline n’a pas eu à se forcer pour souhaiter la bienvenue à Thierry Dusautoir et ses copains. Mariée à un Néo-Zélandaise, cette Québécoise a transformé la vitrine de sa boutique de vêtement en un hommage à la France avec un drapeau tricolore et un mannequin en plastique habillée à la mode parisienne. «La municipalité a donné à tous les commerçants des drapeaux et des affiches pour soutenir les Bleus. Mais moi je voulais quelque chose de plus personnelle. Mon mari a quand-même eu le droit de décorer l’autre moitié de la boutique aux couleurs des All-Blacks», explique-t-elle, magnanime.

Chabal toujours en vitrine

Au restaurant vietnamien à deux pas de là, Kinji admet une certaine indifférence pour le rugby («c’est un peu violent quand-même»). Mais l’idée de voir les Français débarquer le réjouit plutôt. «On m’a dit qu’un de vos joueurs était d’origine vietnamienne (NDLR : François Trinh-Duc) j’espère qu’il viendra un jour manger chez nous». S’il n’est pas rassasié par les plats de nouilles sautées XXL de Kinji, le Montpelliérain peut s’arrêter à la Tropézienne, la boulangerie française en bas de l’hôtel des Bleus. En vitrine trône une peinture un rien anachronique représentant Sébastien Chabal, qui même depuis Paris reste le chouchou des Néo-Zélandais.

L’hospitalité c’est sympa, mais il ne faut pas trop pousser non plus. Takapuna voit aussi beaucoup la vie en noir comme le reste du pays. Noir c’est noir et il y a beaucoup d’espoir et d’appréhension autour des All-Blacks dont le drapeau flotte déjà aux portières des voitures. «Si vous voulez que les Néo-Zélandais gardent un bon souvenir de la France: Perdez contre les Blacks», conseille d’ailleurs Caroline. Maxime Médard a bien compris que le message. «Tout est décoré aux couleurs de la France, observe l’ailier et arrière. C’est sympa. Mais on sait qu’ils veulent que la Nouvelle-Zélande gagne. On n’est pas dupe.» Mais bien reçu quand-même.