Maxime Médard: «Si on n'a pas l'ambition d'être champions du monde, on peut rester ici»

RUGBY L'ailier toulousain du XV de France ne veut pas aller en Nouvelle-Zélande pour faire du tourisme...

Propos recueillis par Nicolas Stival à Toulouse

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Maxime Médard déborde la défense irlandaise, le 13 février 2011 à Dublin.
Maxime Médard déborde la défense irlandaise, le 13 février 2011 à Dublin. — AFP

Avant le grand départ dimanche pour la Nouvelle-Zélande, les trente sélectionnés français pour la Coupe du monde (9 septembre – 23 octobre) ont pu regagner leurs pénates. Le Toulousain Maxime Médard en a profité lundi matin pour venir saluer ses coéquipiers au stade Ernest-Wallon. L’ailier ou arrière à rouflaquettes (24 ans, 19 sélections) confie ses grandes ambitions en Bleu.

Quel est votre programme cette semaine?
On a cinq jours de repos, mais le staff de l’équipe de France nous a donné un programme de quatre séances à suivre. Un peu de muscu, un peu de course, rien de méchant. C’est juste pour ne pas perdre la main.

Sentez-vous monter la pression avant le départ pour le Mondial?
Pour l’instant, ça va. Il s’agit plus d’impatience. On a hâte de commencer la compétition.

«Pas grand monde n’a confiance en nous»

Avez-vous des certitudes ou au contraire des doutes à l’issue de la préparation?
Il n’y a pas de doutes. Il y a eu de belles choses lors des deux matchs contre l’Irlande (succès 19-12 et 22-26). On est sortis d’un Tournoi des VI Nations un peu difficile, et là on a fait deux rencontres positives avec des victoires. Cela ne reflète pas forcément la réalité mais ça donne de la confiance.

Quelles sont vos ambitions?
Si on n’a pas l’ambition d’être champions du monde, on peut rester ici. Pas grand monde n’a confiance en nous, mais l’équipe a du potentiel avec des jeunes joueurs et des éléments d’expérience. Je pense que c’est un bon mélange. Maintenant, il faut foncer.

«Poux a entièrement gagné sa place»

Comment avez-vous vécu l’éviction des piliers Thomas Domingo et Sylvain Marconnet, officialisée dimanche?
Ce n’est pas évident, mais c’était le but du jeu. On savait en commençant la préparation que  trois joueurs allaient nous quitter. Yoann Huget est parti à cause de sa négligence au sujet du règlement (l’ailier bayonnais a été exclu le 4 août pour manquements répétés au règlement de la lutte antidopage et a écopé de trois mois de suspension). Après pour les deux autres, c’est un moment difficile et triste. Mais on savait qu’on allait partir à trente, pas à trente-trois.

Votre coéquipier Jean-Baptiste Poux a réussi à sauver sa tête…
(Rires) Il a l’habitude, « Brad » (le surnom du pilier toulousain, qui va disputer sa troisième Coupe du monde après 2003 et 2007). Je suis content pour lui, c’est quelqu’un du club, un ami, il le mérite. Il a entièrement gagné sa place.

«Beaucoup de gens cherchent une nouvelle icône»


Comment accueillez-vous l’information donnée par Midi Olympique, qui affirme que Philippe Saint-André devrait succéder à Marc Lièvremont après le Mondial?
Ce n’est pas nos affaires. On est là pour disputer la Coupe du monde, pas pour discuter au sujet du futur entraîneur de l’équipe de France. Cela intéresse peut-être davantage les journalistes que nous, les joueurs.

Un dernier mot sur votre cas personnel. Comment vivez-vous votre médiatisation de plus en plus importante?
Le fait que Sébastien Chabal ne soit pas retenu pour la Coupe du monde fait que beaucoup de gens cherchent une nouvelle icône. Pour moi, mon intérêt est que le collectif passe avant tout. J’espère que l’icône, ce sera l’équipe de France 2011.