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Tour de France: Cadel Evans, le besogneux a attendu son Tour

Tour de France: Cadel Evans, le besogneux a attendu son Tour

CYCLISMEL'Australien remporte à 34 ans son premier Tour de France...
Romain Scotto

Romain Scotto

«J'ai regardé mon premier Tour à la télévision il y a vingt ans et j'ai su que j'allais gagner cette course.» Finalement, l’histoire de Cadel Evans est assez simple. L’Australien de 34 ans a pris le temps, mais il a tenu son engagement. Sur ce Tour de France, il n’a passé qu’une journée en jaune. La dernière, la seule qui compte vraiment. Sur le podium des Champs Elysées, il devance les frères Schleck (Andy et Frank, dans l'ordre) et offre à son pays une première victoire sur le Tour de France après cinq ans de domination espagnole.

Qui se cache donc derrière ces lunettes fluorescentes? Un coureur d’une rare abnégation, assumant totalement son côté besogneux, souvent malchanceux. Evans, c’est d’abord un champion discret, patient. Formé à l’école du VTT, dont il remporta deux fois le classement de la Coupe du monde, le leader de BMC a longtemps travaillé pour s’adapter à la route. Le grimpeur exclusif, qui avait explosé avec le maillot rose lors de son premier Giro est devenu au fil du temps un coureur complet, capable de monter sur le podium du Tour avant de le remporter.

Le souvenir de son entraîneur décédé

Inspiré par la sagesse du dalaï-lama, l’Australien a très vite dédié sa victoire à son ancien entraîneur Aldo Sassi, décédé d'une tumeur au cerveau en décembre dernier. Pendant plusieurs années, l’Italien a façonné le coureur à la voix d’adolescent, élevé jusqu'à l'âge de dix ans dans une communauté aborigène du nord de l’Australie. Evans y a donc découvert le vélo. Son histoire sur deux roues aurait pourtant pu prendre fin à l’âge de huit ans, lorsqu’une ruade de cheval l’a plongé plusieurs jours dans le coma.

Pour devenir un coureur de premier plan, il s’est exilé en Suisse à la fin des années 1990. Puis en Belgique où il s'est progressivement forgé un palmarès. Cantonné aux places d’honneur sur les grands Tours et les classiques, Evans traîne longtemps une réputation de coureurs sur la réserve, incapable d’attaquer pour décrocher une grande victoire. Le déclic a lieu en 2009 à Mendisio, en Italie, lors des championnats du monde. Evans y décroche le maillot arc en ciel et détruit son image de loser. Mais selon lui, le vrai déclic eu lieu un peu plus tard lors de sa signature chez BMC.

Un jour férié pour fêter ça?

Sous la direction de John Lelangue, il remporte lma Flèche Wallone, Tirreno Adriatico et le Tour. Le premier ministre australien a songé à déclarer un jour férié en l’honneur de ce champion atypique, défenseur du Tibet qu'il découvre dans les albums de Tintin. «Un jour férié, si c'est bon pour l'économie, je n'ai rien contre, se marre le maillot jaune dans son français appris en Belgique. Il y avait tellement d'Australiens au bord des routes pour me soutenir... Je suis fier de savoir que des gens m’ont suivi.» A priori, toute l'Australie est aussi fière de lui.