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Antoine Griezmann: «Notre objectif dans cette Coupe du monde, c’est la finale»

Antoine Griezmann: «Notre objectif dans cette Coupe du monde, c’est la finale»

FOOTBALLLe jeune ailier de 20 ans, qui évolue à la Real Sociedad, prépare actuellement le Mondial des moins de 20 ans avec l’équipe de France…
Recueilli par Julie Lévy-Marchal

Recueilli par Julie Lévy-Marchal

Comment abordez-vous cette Coupe du monde en Colombie?
Il faut que j'apporte mon expérience. Dans ce groupe, je suis un des rares à jouer régulièrement avec les professionnels, dans mon club de la Real Sociedad. J'essaye de les préparer à ce qui nous attend, notamment pour notre premier match de poules face à la Colombie, qui évoluera devant son public. On sera attendu de pied ferme car on est champion d'Europe en titre. Là, il y aura 45.0000 personnes dans le stade. Et puis je m’applique aussi à enlever un peu de pression à ceux qui appréhendent cet événement, en rigolant avant les matches.

Vous qui êtes déjà très coté en Liga, que peut vous apporter cette Coupe du monde U20?
Franchement, si on va chercher la victoire finale dans ce tournoi, beaucoup de joueurs de cette équipe vont se faire connaître et ce serait un vrai plus pour cette génération. On est tous super motivés et on s'est fixé l'objectif d'aller au moins jusqu'en finale. D'un point de vue individuel, j'aimerais me faire connaître encore plus en Espagne et taper dans l'œil du sélectionneur de l'équipe de France A...

Vous pensez donc déjà aux Bleus...
Oui, je souhaite intégrer l'équipe de France le plus tôt possible, c'est mon objectif. Je ne dis pas que je mérite d'y entrer la saison prochaine, mais je ferai tout pour que cela arrive le plus vite possible.

Alors que vous êtes considéré comme la «pépite du football français», pourquoi jouez-vous à la Real Sociedad, en Espagne?

Parce qu’on ne voulait pas de moi en France à 13-14 ans. J’ai toqué aux portes de clubs français comme Auxerre, Metz, Lyon, Saint-Etienne pour effectuer des essais. A chaque fois c’était la même réponse: bon techniquement mais pas assez costaud, pas assez grand. Un jour, j’ai disputé un tournoi avec Montpellier à Paris, et il y avait la Real Sociedad. Après m’avoir supervisé, ils m’ont demandé d’effectuer un essai d’une semaine puis de continuer une autre semaine, et j’y suis resté.

Et pourquoi la Real Sociedad a misé sur vous, alors que les clubs français vous snobaient?

Avant, les centres de formations en France, c’était surtout pour les grands costauds. En Espagne, ce qui les intéresse, c’est de voir ce qu’on fait balle au pied, plutôt que le gabarit du type qui tape dans le ballon. Et apparemment, ça leur convient…

Avez-vous été rapidement adopté?

Presque. Il y avait la barrière de la langue, parce que je ne parlais pas un mot d’espagnol. Et mes parents ont un peu tiqué avant de me laisser partir. Ma mère ne voulait pas, mon père souhaitait être sûr de ce que je faisais. Moi, j’en étais sûr parce qu’en France, personne ne me voulait et j’avais vraiment envie de partir vite pour progresser rapidement.

Et cela a été le cas?

Oui, parce que le club m’a fait beaucoup jouer. Et plus je disputais de matchs, plus je prenais confiance en moi, meilleures étaient mes performances. Et c’est ce que j’attends d’un club, qu’il me fasse progresser. Je ne suis pas passé par la réserve en fait. J’ai fait les moins de 18 ans, et ensuite j’ai joué avec les pros.

Du coup, vous suscitez la convoitise de quelques clubs espagnols comme l’Atlético ou le Barca…

Oui, il parait, mais aucune offre n’est arrivée au club. Et il n’y a aujourd’hui aucun club qui me ferait quitter la Real Sociedad. J’y suis vraiment bien. A moins qu’ils décident de me vendre avant le terme de mon contrat, en 2015.

Avez-vous envie de revenir en France?

La Ligue 1 ou la Premier League, ça me plairait bien. En France, j’aimerais jouer avec Lyon ou Marseille, parce que je les soutiens depuis toujours. En Angleterre, tous les grands clubs m’attirent.