Foot féminin: comment surfer sur la vague bleue?

FOOTBALL Sans gagner la Coupe du monde, les footballeuses de l’équipe de France font du bien à leur discipline...

Julie Lévy-Marchal

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Les Bleues après le but de Bompastor en demi-finale de la Coupe du monde 2011 contre les Etats-Unis.
Les Bleues après le but de Bompastor en demi-finale de la Coupe du monde 2011 contre les Etats-Unis. — Ina Fassbender / Reuters

Le Bleu, traditionnellement une couleur de garçon, va de mieux en mieux aux filles. Les Bleues n’ont peut-être pas gagné la Coupe du monde, mais les filles de Bruno Bini ont gagné la reconnaissance et l’admiration de toute une nation, jusque là plutôt indifférente au foot féminin. Elles disputeront samedi la petite finale contre la Suède pour le gain de la 3e place. En réussissant à se qualifier dans le dernier carré du Mondial en Allemagne, les footballeuses françaises, en plus d’avoir gagné leur billet pour les JO, ont placé un énorme projecteur sur leur sport. Une belle image sur laquelle capitaliser.

Une image sur laquelle capitaliser

 «J’espère que cela va continuer et ne pas être éphémère, déclarait Eugénie Le Sommer à Reuters. Ce qu’il faut, c’est changer les mentalités car il y a des gens qui se battent depuis très longtemps. C’est dommage de ne le découvrir que maintenant, mais il n’est jamais trop tard et on espère que ça changera les choses.» Car tel est l’écueil de cette Coupe du monde. Avoir découvert les Bleues et le foot féminin… et l’oublier aussitôt.

 Les décisions de Noël Le Graët

Le parcours des Bleues, dans la continuité de la victoire des Lyonnaises en Ligue des champions en mai dernier va pourtant aider le développement de la discipline en France. Première conséquence positive: les déclarations de Noël Le Graët, président de la FFF, venu assister à la demi-finale, qui souhaite vivement que chaque club professionnel anime une section féminine. Noël Le Graët a d’abord nommé Brigitte Henriques (ancienne internationale), secrétaire générale de la 3F. Il a surtout annoncé plusieurs initiatives pour soutenir le foot féminin et éviter que l’engouement médiatique suscité ne retombe comme un soufflé. «Les Bleues réussissent à attirer les médias et font franchir un pas à ce sport. C’est un nouveau départ. On n’a pas assez de licenciées en France.» Qu’à cela ne tienne. Le président de la 3F a annoncé la mise en place d’un comité chargé de promouvoir la pratique féminine qui rassemblera des professionnelles et des amateurs, et le président de l’OL, Jean-Michel Aulas. «J'ai commencé à discuter avec le football professionnel, pour que chaque club imagine dans les trois ans qui viennent à animer une section féminine. Je regrette que les jeunes filles qui jouent, aujourd'hui, à dix ans, arrêtent parce qu'elles n'ont pas de club» a déclaré Le Graët avant la demi-finale.

 Des diffuseurs sur les rangs

Parce que les joueuses «méritent d'être diffusées», le dirigeant s'est aussi félicité de l'appel d'offres lancé par la FFF pour les droits de diffusion de la D1 féminine. «Il y a déjà un intérêt des chaînes. Quand je vois les scores d'audiences de Direct 8 [record historique de la chaîne], c'est prometteur», a expliqué Noël Le Graët. Pas fou, Thierry Cheleman, directeur des sports de Direct 8, s’est déjà mis sur les rangs des diffusions de l’équipe nationale: «Nous serons aux côtés de la FFF et de l'équipe de France sur les matches de qualification à l'Euro 2013.» Le soufflé du foot féminin n’est pas encore retombé.