Equipe de France féminine: «On peut être la surprise de la compétition», selon Elisabeth Loisel
FOOTBALL•L'ancienne sélectionneuse des Bleues entre 1997 et 2007 croit en une victoire finale de l'équipe de France...Propos recueillis par Romain Scotto
Actuellement en Allemagne où elle travaille en tant qu’observatrice pour la Fifa, l’ancienne sélectionneuse des Bleues est séduite par le jeu de l’équipe de France. Avant la demi-finale contre les Etats-Unis, mercredi, elle livre son analyse sur l’équipe américaine, et les chances françaises d’aller au bout…
Quelle impression vous fait cette équipe des Etats-Unis depuis le début de la compétition?
Sur ce que j’ai pu voir, c'est une équipe qui monte en puissance au fur et a mesure de la compétition. Elle s’est rassurée. Les résultats leurs redonnent confiance. C’est une équipe solide au point de vue athlétique avec un gros potentiel offensif, un gros milieu qui cours beaucoup, qui est bien courageux les joueuses ne rechignent pas a multiplier les courses. Devant c’est solide, athlétique, bon dans le jeu de tête. Cela développe bien sur les cotés. Deux-trois joueuses me font forte impression notamment Loyd, O’Reilly, Rapinoe devant qui ont un gros potentiel. Sur le plan offensif elles semblent supérieures à nous.
Quel est donc le point faible de cette équipe?
Elles semblent faibles en défense centrale. Elles défendent en reculant au maximum ce qui est contraire au football européen. Et cela crée une équipe séparée entre l’attaque et la défense.
On ne devrait pas retrouver le même scénario que face à l’Angleterre avec une équipe de France dominatrice…
Je ne pense pas. Je pense que ce sera beaucoup plus équilibré. Les Etats-Unis sont plus forts offensivement et peuvent nous poser des problèmes dans nos 30 mètres ce qui n’était pas le cas de l’équipe anglaise.
Qui est favori pour gagner cette Coupe du monde?
C’est difficile. Pour la victoire finale c’est très ouvert avec l’élimination de l’Allemagne. Pour demain, la France a l’avantage d’avoir eu un jour de récupération en plus. Elle n’a pas voyagé non plus ce qui aura un impact important sur la fin de match. On a une belle opportunité d'arriver en finale car les conditions de préparation de match sont en notre faveur et nous surfons sur une vague positive. On peut être la surprise de la compétition. Je pense que les joueuses prennent la mesure de l’événement. Les plus vieilles ont faim pour leur dernière Coupe du monde.
Etes-vous étonnée de voir l’équipe de France en demi-finale?
Non, j’en avais fait une équipe outsider, je connais la valeur des ces joueuses. J’ai toujours dit que la France avait sa place dans les huit et c’est un groupe qui arrive à maturité, qui a pris de l’expérience en club notamment avec Lyon. Des joueuses sont parties aux Etats-Unis et je sais que ça apporte sur le plan sportif mais aussi sur le plan personnel. Elles peuvent aussi analyser le style de jeu américain.
Que représente le soccer féminin aux Etats-Unis?
Déjà elles ont plus de pression que nous. C’est un pays qui s’est donné les moyens de devenir aujourd’hui le plus grand pays de foot féminin. Le gouvernement a voté une loi dans les universités pour que le soccer soit obligatoire. Des équipes ont donc été créées et cela a donné des résultats. C’est par le biais du football féminin que leur pays est reconnu au niveau international même si elles ont perdu des joueuses de renommées mondiales comme Mia Hamm.
Et vous, quand allez-vous reprendre une équipe?
J’ai eu des propositions qui ne m’intéressait pas et j’ai eu des préoccupations familiales qui m’empêchent de prendre un nouveau poste. Maintenant s’il y a une bonne proposition je l’étudierai. Je suis plus intéressé par une sélection.


















