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Meeting Areva: Usain Bolt, l'ombre d'un doute

Meeting Areva: Usain Bolt, l'ombre d'un doute

ATHLETISMELe Jamaïcain est moins aérien que lors de ses exploits en 2008 et 2009...
Bertrand Volpilhac

Bertrand Volpilhac

N’allez pas chercher un quelconque signe d’inquiétude dans son verbe ou son attitude. Fidèle à lui-même, Usain Bolt s’est montré détendu et naturel face ce mercredi, à deux jours de courir le 200m du meeting Areva au Stade de France, face, entre autres, à Christophe Lemaitre. Il n’empêche: malgré toutes ses facéties et son indolence quasi légendaires, le meilleur sprinteur de tous les temps inspire pour la première fois de sa carrière pas mal d’interrogations.

«J’ai mis le niveau d’exigence très haut»

Blessé à répétitions en 2010, le Jamaïcain revient au petit trot d’une saison presque blanche. Et ses deux premières sorties cette année, même si elles restent au-dessus de la concurrence, - sur 100m à Rome (9,91) et 200m à Oslo (19’86) - n’ont pas forcément rassuré. «J’ai mis la barre très haut, on attend beaucoup de moi, justifie-t-il sans acrimonie. Les gens ne comprennent pas qu’il est très difficile de revenir de blessure, même pour moi. Je prends mon temps, je fais attention, je reviens doucement et je suis content de mes premières courses.»

Changement morphologique

Content, mais pas forcément plus. A un mois et demi des Mondiaux de Daegu, l’«éclair» semble en retard sur ses temps de passage de Pékin (2008) et Berlin (2009), où il avait explosé les records du monde du 100m et du 200m. Légèrement étoffé musculairement, de manière à soulager son dos qui l’a fait souffrir, Bolt apprend simplement à gérer ce changement morphologique. «Mes départs sont convenables, mais lorsque j’arrive dans ma phase de course, mes mouvements ne sont pas aussi fluides qu’avant, concède-t-il. Mais je travaille pour y arriver. Je sais ce que je dois faire pour arriver à mon meilleur niveau.»

Sur la nouvelle piste du Stade de France, Bolt vient donc chercher ses repères qui lui permettront d’écraser les Mondiaux de Daegu, même privé de son lièvre préféré, Tyson Gay, forfait pour la compétition: «Je veux conserver mon titre et rentrer dans la légende.» Non, c’est sûr, il n’y a pas de quoi s’inquiéter: Usain Bolt est toujours Usain Bolt.