Annecy 2018: Le lobbying, un mal français?

OLYMPISME Paris avait perdu ses Jeux à cause du lobbying. Annecy peut-il gagner grâce à lui?...

Bertrand Volpilhac

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Le premier ministre François Fillon (à gauche), devant Charles Beigbeder, le président d'Annecy 2018, présente à la Commission olympique le projet français, le 8 février 2011
Le premier ministre François Fillon (à gauche), devant Charles Beigbeder, le président d'Annecy 2018, présente à la Commission olympique le projet français, le 8 février 2011 — P.DESMAZES/AFP

Prier n’est peut-être pas l’unique recours. A quelques heures de la désignation de la ville hôte des Jeux Olympiques d’hiver 2018, mercredi à Durban (17h), Annecy cherche à combler le retard accumulé par les nombreux atermoiements de sa candidature. Loin d’être favorite par rapport aux projets gigantesques de Pyeongchang (Corée du Sud) et Munich (Allemagne), la candidature française vise le hold-up en tentant de convaincre dans les derniers instants les membres du Comité Olympique (CIO) indécis sur leur vote. Seul problème: le lobbying n’a jamais été une spécialité française.

Tirer les leçons de Paris 2012

«Nous avons beaucoup appris depuis l’échec de Paris en 2005 (qui avait été battu sur le fil par Londres pour les jeux de 2012), soutient Lucien Boyer, président de Havas Sport, à la tête de la communication d’Annecy 2018. A l’époque, les Anglais avaient été extrêmement pragmatiques, agressifs, ambitieux. Sans complexe, on a repris leur façon d’expliquer à chaque membre du CIO à quel point une candidature de la France pourrait lui être bénéfique.» 

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Une vision qu’Armand de Rendinger, ancien directeur international de Paris 2012, ne partage pas vraiment. Pour lui, la candidature française bute toujours sur les mêmes problèmes qu’il y a 6 ans. «La candidature a été désorganisée, juge-t-il  en estimant très faibles les chances de voir Annecy l’emporter. Nous n’avons pas de message clair à l’international on se demande pas quel est le véritable besoin de celui qui va voter. Et puis Beigbeder, qui est sans doute un très bon lobbyiste, ne connait pas du tout l’environnement olympique».

Des lobbyistes étrangers recrutés

Un problème partiellement réglé par Annecy 2018. «On a intégré totalement la règle du lobbying, lâche Boyer». Comprenez par là oublier le romantisme à la française et ne pas s’appuyer uniquement sur la qualité du dossier. «On a internationalisé nos relations, poursuit le boss d’Havas Sport. On s’est ouvert à des compétences venues d’ailleurs, on a recruté de très grands spécialistes de l’olympisme, les meilleurs dans leurs domaines.» Transcendée par la présence de lobbyistes anglais ou japonais débauchés dans les candidatures victorieuses aux précédentes olympiades, l’équipe formée autour du chef Charles Beigbeder et Jean-Claude Killy se targue d’une «dynamique positive dans la dernière ligne droite.» Beigbeder: «Avec le Premier ministre, la ministre des Sports, on a organisé une mission commando pour se multiplier et expliquer notre vision pour Annecy 2018.» Il faudra au moins ça.