Stade Français: Bernard Laporte et Max Guazzini portent plainte pour escroquerie contre les repreneurs canadiens

RUGBY La Facem devait investir 12 millions d’euros dans le club parisien...

A.P.

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Bernard Laporte à côté de Max Guazzini, le 12 septembre 2009 à Paris.
Bernard Laporte à côté de Max Guazzini, le 12 septembre 2009 à Paris. — B.Horvat/AFP

Le Stade Français est sans doute devant une crise sans précédent. Comme le révélait le site rugbyrama, Bernard Laporte a déposé plainte pour escroquerie à l’encontre de la Facem auprès de la Sous-direction des Affaires économiques et financières à Paris. Le président du Stade Français, Max Guazzini, a aussi porté plainte de son côté à titre personnel, toujours pour escroquerie. «Il est apparu que les documents et garanties fournis par la Facem Corporation, à l’enseigne d’une grande banque internationale, étaient des faux» révèle un communiqué du club.

>> A lire l'interview de Job Ariste, le président et fondateur de la Facem

Cette fondation canadienne d’aide à l’enfance était présentée comme le repreneur du Stade Français jusqu’à aujourd’hui. La Facem, fondée par Job Ariste, un entrepreneur canadien d'origine haïtienne qui aurait fait fortune dans la téléphonie mobile, s’était engagé auprès de Bernard Laporte - amené à devenir administrateur du Stade Français - à refinancer le club à hauteur de 12 millions d’euros.  Sauf que le club n’a toujours pas un centime de ce mystérieux repreneur dont 20minutes.fr avait pu visiter les bureaux – fantômes – la semaine dernière à Montréal. L'ancien sélectionneur avait été mis en relations avec la Facem par l'intermédiaire de Stéphane Benhamou (à la tête d'un cabinet de gestion de patrimoine) le 20 mai dernier. Joint par notre rédaction, Stéphane Benhamou ne souhaite pas s'exprimer. Même silence du côté du président du Stade Français, Max Guazzini.

Vers une relégation administrative?

Malgré les doutes autour de cette fondation, Bernard Laporte (injoignable pour l'instant) ne doutait du sérieux de ces nouveaux amis canadiens dans une interview à 20minutes.fr. «Ce sont des gens sérieux que je découvre petit à petit. Des gens bien. Vous savez, ces gens-là ne sont pas dans le business mais dans les grandes opérations. Pour nous, 12 millions d’euros c’est beaucoup d’argent, pour eux, non.» Depuis, il a sans doute révisé son jugement.

Une réunion se tient au siège du Stade Français en présence de Bernard Laporte et de Max Guazzini. Le club doit de nouveau faire face à un déficit de 5 millions d’euros, un trou provoqué par la faillite de sa régie publicitaire Sportys. Les dirigeants parisiens vont devoir s'expliquer une nouvelle fois devant la DNACG (Direction Nationale d'Aide et de Contrôle de Gestion). Sans l’arrivée d’un nouveau repreneur dans les prochains jours, l’avenir de ce monument du rugby français pourrait très bien passer par une relégation administrative en Pro D2 voire en Fédérale 1.