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Transferts: Ils rêvent de devenir agents de joueurs

Transferts: Ils rêvent de devenir agents de joueurs

FOOTBALLLes élèves de l'école des agents de joueurs de football, passeront le concours en octobre...
Romain Scotto

Romain Scotto

«Révéler que Florent Malouda souffre d’hémorroïdes pendant la Coupe du monde nuit-il à son image?» Moins poétique et sibyllin que les énoncés du bac philo, le sujet du jour captive huit élèves, jeudi matin, dans un des salons du Parc des Princes. Tous suivent des cours de l’EAJF, l’école des agents de joueurs de football. En octobre, ils passeront l’examen de la licence FFF, nécessaire pour exercer le métier en toute légalité. Dans la salle, les profils sont très variés. Anciens étudiants, vendeurs de cuisine, juristes et même d’ex-footballeur pros.

Entre deux cours de droit, les futurs agents discutent des rumeurs de transferts, les prochaines signatures de contrats. «C’est un monde qui nous fait un peu rêver», confie Rui Da Silva, ancien joueur amateur. Présent dans les équipes de jeunes du PSG, il est persuadé d’être passé à côté d’une belle carrière. A 33 ans, le métier d’agent est sa dernière occasion de côtoyer le monde pro. «Avec mon frère, on voudrait monter une société pour nous occuper de jeunes joueurs portugais.» 

«Quand je vois ce que le PSG recrute au Brésil…»

Une fois sa licence acquise, il filera donc au pays de Jorge Mendes, l’agent de Mourinho et Ronaldo. Le défi ne lui fait pas peur. «C’est un métier qui ressemble à celui d’un commercial», confie cet ancien vendeur de voiture. «Quand je vois ce que le PSG recrute au Brésil, alors qu’il y a moins cher moins loin… Regardez Porto, ils sont bien plus intelligents dans leur recrutement.»

Audric Seosolo, 23 ans, a lui aussi un projet bien défini. Il suit cette formation pour encadrer son petit frère, footballeur prometteur de Bretigny. Celui qui rêve d’un destin à la Pape Diouf a aussi un cousin à Auxerre qui attendrait son aide. «A 15 ans, il touchait 7.500 euros. Un agent a signé avec lui, il a juste pris sa com’ et on ne l’a plus jamais revu. Je préfère m’en occuper, il n’y a que des requins dans le milieu.»

De la place pour tout le monde?

Lucides, les élèves n’ont pas une idée enchantée du métier. Une fois agent, personne ne rêve d’un destin à la Jerry Maguire. Ou, dans un autre style, à la Jean-Pierre Bernès. «Notre marché, ce sont les jeunes. Les joueurs nés en 92, 93. Pas les stars de Premier League», confie Audric qui s’imagine déjà en Turquie ou en Belgique à pister de nouveaux talents.

«On est bien conscient que beaucoup d’agents roulent en Punto. Mais il y a de la place pour tout le monde confie Jimmy Nubery, 36 ans. Moi, sans avoir de notoriété, j’ai déjà un réseau.» Ancien éducateur et cousin d’un ex-joueur de l’équipe de France, il reçoit déjà des coups de fils: un joueur de National qui souhaite quitter son club, ou un ancien international désireux de finir sa carrière au Qatar. Salarié chez Air France, il aimerait bien les aider et finaliser ses premiers transferts. Pour cela, il ne lui manque qu’un précieux sésame.