Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Pro A: Nancy et Cholet réclament des changements

Pro A: Nancy et Cholet réclament des changements

BASKETLes entraîneurs des deux finalistes fustigent l'organisation de la Ligue...
Mickaël Bosredon

Mickaël Bosredon

Deux coachs en colère. A l'issue de la finale du championnat de France de Pro A, qui a vu Nancy venir à bout de Cholet 76-74 samedi soir à Bercy, les deux entraîneurs n'ont pas mâché leurs mots à l'encontre des instances du basket français. C'est Erman Künter, le stratège choletais, qui a tiré le premier. Forcément très déçu de n'avoir pu réaliser le doublé, un an après avoir offert au club des Mauges son premier titre de champion, il a allumé le «système de play-offs à la française». «Le Championnat, on commence à le préparer le 16 août. Et puis, au final, toute la saison se joue sur un match, ce n'est pas possible». Premier de la saison régulière, impressionnant en play-offs, Cholet avait effectivement réussi une saison remarquable, et faisait figure de grand favori avant cette finale.

«Je ne sais pas dans quel autre championnat ça existe, ça»

Et Erman Künter d'enfoncer le clou: «Entre notre demi-finale et la finale, il s'est passé onze jours. On manquait de jambes, je ne peux pas tenir les joueurs en rythme durant une période aussi longue. J'ai essayé de trouver un match amical à jouer, en France, à l'étranger, mais à cette époque de l'année c'est impossible. Je ne sais pas dans quel autre championnat ça existe, ça.» Nancy, en disputant une belle face à Villeurbanne en demi-finale le samedi précédant, serait lui resté davantage dans le tempo de ces play-offs. Jean-Luc Monschau, coach de Nancy, ne dit pas le contraire: «Je comprends Erman. Si j'avais été dans son cas de figure, je ne dis pas que je n'aurais pas eu la même réaction. Nous, on a joué deux belles durant ces play-offs, elles nous ont aidé à construire notre jeu, face à deux adversaires très différents (Hyères-Toulon, puis Villeurbanne).» Künter insiste: son plaidoyer, «ce n'est pas une excuse, d'ailleurs j'ai dit la même chose l'année dernière, qu'on ne pouvait pas faire reposer toute une saison sur un match. Ce n'est pas possible». Mais cela expliquerait en partie le pourcentage aux tirs catastrophique de Cholet lors de cette finale, notamment à trois points (3/17).

Et Nancy, alors? Champion de France, le club lorrain est le seul club français assuré de retrouver l'Euroligue l'an prochain, Cholet, Gravelines et Villeurbanne devant passer par un tour qualificatif. Le club du président Christian Fra devrait donc nager dans le bonheur. «Ah bon, parce que vous êtes sûrs, vous, que nous allons jouer l'Euroligue l'an prochain?» Volontiers provocateur face aux journalistes, Jean-Luc Monschau n'allait pas se priver de revenir sur la décision de la Ligue nationale, il y a trois ans, d'annuler le système de ranking (classement des équipes en fonction de leurs résultats en championnat, devant donner au vainqueur une assurance de jouer trois ans l'Euroligue) alors en vigueur, et dont Nancy était sorti vainqueur.

«Je ne sais pas s'il y a eu, dans l'histoire du sport français, un vol aussi manifeste que celui-là»

«L'Euroligue, nous aurions dû être assurés de la jouer ces deux dernières années et l'année prochaine. Finalement on a décidé d'annuler ce système de ranking. Je ne sais pas s'il y a eu, dans l'histoire du sport français, un vol aussi manifeste que celui-là. On nous a privé d'Euroligue, et des ressources qui vont avec, alors pour l'année prochaine je m'attends à tout maintenant. Peut-être voudra-t-on donner une wild card à Villeurbanne...»

Ambiance réglement de comptes... Même si Jean-Luc Monschau sait bien que, cette fois, son club jouera bien la plus haute compétition européenne. Et il espère bien y jouer un vrai rôle. «Notre but est sera d'accrocher le Top 16. En 2008/2009, dans une poule terrible (Nancy était tombé avec Panathinaïkos, Sienne et Barcelone) nous étions à deux minutes du Top 16...» Pour mener cette campagne européenne, le coach nancéien devrait pouvoir compter sur son meneur de jeu John Linehan, meilleur joueur de la finale. Il espère aussi renforcer un peu son groupe. «Les prochaine semaines vont être déterminantes. J'espère qu'il y aura un engouement autour de ce titre et de notre qualification.» Un engouement, et de l'engagement, pour réhausser un budget qui n'était que le septième de toute la Pro A cette saison.