Li Na: «Je n’ai pas le temps de rentrer en Chine, il y a Wimbledon!»

TENNIS La gagnante de Roland-Garros attendra un peu avant de fêter son premier titre du Grand Chelem dans son pays...

Propos recueillis par R.S, à Roland-Garros

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La championne de tennis chinoise Na Li, lors de sa victoire à Roland-Garros contre Francesca Schiavone en finale, le 4 juin 2011.
La championne de tennis chinoise Na Li, lors de sa victoire à Roland-Garros contre Francesca Schiavone en finale, le 4 juin 2011. — C.Platiau/REUTERS

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Elle pourrait prendre le premier vol pour Pékin et fêter avec ses amis le premier titre du Grand Chelem de son pays. Pas du tout. Li Na a bien mieux à faire dans les jours à venir. Émancipée, la nouvelle reine de Roland-Garros passera chez elle à Munich, avant de s’entraîner sur gazon pour préparer son prochain objectif. Wimbledon.

Vous venez d’apporter à la Chine son premier Grand Chelem. Pensez-vous que cela puisse faire décoller le tennis dans votre pays?

Bien entendu, ça devrait avoir un effet sur le tennis chinois. La Chine n'a pas beaucoup de grands joueurs au top niveau, mais je pense que notre pays va vraiment se développer au niveau tennis.

A quel accueil vous attendez-vous à votre retour en Chine?

Vous savez que dans deux semaines, il y a Wimbledon? Je n'ai pas le temps de rentrer en Chine immédiatement. Donc, je ne rentrerai qu'après, et si je ne réalise pas de bonnes performances à Wimbledon, à mon avis, les gens m'auront peut-être déjà oubliée! (elle rit). Là, c’est vraiment un très beau moment pour moi, je peux en profiter avec mon équipe.

Avoir disputé la finale de Melbourne, cela vous a-t-il aidée pour gagner cette deuxième finale en Grand Chelem?

A Melbourne, c'était ma première finale, je n'avais aucune expérience auparavant. Une fois que vous avez disputé une finale, vous savez mieux ce qu'il faut faire sur ce genre de match.

Vous venez de gagner Roland-Garros, qu’est ce qui vous passe par la tête?

C'est un rêve devenu réalité aujourd'hui. Je commence à vieillir, je commence à devenir une vieille dame, et donc, transformer son rêve en réalité, ce n'était pas facile. Bien entendu, c'est très excitant, il n'y a pas tant de joueurs en mesure de gagner un tel tournoi.

La nuit du 3 au 4 juin 1989, il y a eu une révolution place Tien An Men, pensez-vous que ce soit aujourd'hui une révolution dans le tennis?

(Elle se ferme). Je ne suis qu'une joueuse de tennis, je ne me réponds pas à ce genre de question, je me concentre sur mon tennis, sur le court.

Comment avez-vous préparé ce match d'un point de vue technique. Vous avez bien géré vos slices…

Après 6 matches, si je n'arrivais pas à jouer des slices, je ne serais jamais arrivée en finale. Et quand on joue sur terre, mieux vaut savoir-faire des slices! Mon mari est également sparring partner, et donc lui aussi sait slicer!

Si vous étiez journaliste (elle a fait des études dans cette branche) qu’écririez-vous sur la joueuse Na Li?

Qu’elle vit un rêve devenu réalité! Oui... C’est ce que j'aimerais dire. En Chine, nous n'avons jamais eu de champion qui ait remporté un tournoi du Grand Chelem, c'est pourquoi il faut travailler si dur. Parce que le rêve peut être de devenir la meilleure joueuse ou de remporter un Grand Chelem.

Qu'avez-vous ressenti lorsque le drapeau de votre pays a été déployé?

Je trouve que c'est extraordinaire, parce que je n'ai connu cela qu'aux Jeux Olympiques, ou aux jeux asiatiques. Donc, c'était extraordinaire. Et puis, j'ai reçu des textos de mes amis qui sont en Chine et qui ont pleuré quand ils ont vu le drapeau chinois être hissé au mât. Je pense qu'en ce moment, tout le monde en Chine trouve cela extraordinaire.