Aravane Rezaï: «Mon objectif? Prendre ma vie en main»

INTERVIEW La Française compte sur son tennis pour oublier ses soucis personnels...

Propos recueillis par R.S.
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La joueuse de tennis française Aravane Rezaï, lors d'une conférence de presse à Coubertin, le 7 février 2011 à Paris.
La joueuse de tennis française Aravane Rezaï, lors d'une conférence de presse à Coubertin, le 7 février 2011 à Paris. — REUTERS

La deuxième joueuse française au classement aimerait bien parler de tennis de temps en temps. Seulement, ses problèmes personnels prennent souvent le dessus. Depuis qu’elle s’est émancipée de son père et s’entraîne avec Alexia Dechaume, dépêchée par la fédé, Aravane Rezaï cherche la bonne carburation. Avec l’espoir de la retrouver à Roland-Garros.

Comment comptez-vous remonter la pente à Roland-Garros?

Je vis une saison assez difficile depuis le mois de janvier. J’essaie tous les jours d’être en forme pour être prête. J’essaie de remonter la pente effectivement. C’est une expérience de la vie. Je suis en train de faire face. Mais le plus important pour moi, ce sont les tournois qui arrivent. Je ne cache pas que je n’ai pas eu une préparation idéale. Ces dernières semaines, j’ai été un peu malade. Ça ne m’a pas vraiment aidée. C’est une mauvaise période.

Regrettez-vous ce manque de continuité dans votre carrière?

Bien sûr que je cherche une stabilité dans mon programme d’entraînement. La fédération m’aide en ce moment avec Alexia Dechaume. Je cherche une personne à qui je peux me confier. C’est en train de se solidifier. Après Roland-Garros, on mettra les discussions en place pour trouver la bonne personne. J’en ai plusieurs. Je discute avec ces personnes, dont Alexia. Une fois que le tournoi sera terminé, on se mettra autour d’une table.

Quelles sont vos relations avec votre père aujourd’hui?

Je ne souhaite pas vraiment en discuter. C’est ma vie privée. Je préfère garder ça pour moi. J’ai une famille que j’aime beaucoup, mais aujourd’hui ma carrière est très importante. Je me concentre sur mes tournois.

Avez-vous l’impression d’avoir pris les choses en mains?

Je me sens plus responsable depuis janvier. Je me débrouille. Cela devait arriver. J’ai 24 ans, ça fait partie de la carrière de chaque joueur. Je dois prendre ma vie en main et je veux progresser dans ce domaine-là. C’est mon objectif. C’est une expérience de la vie.

Prenez-vous encore du plaisir en jouant au tennis?

Oui, je m’accroche au tennis parce que j’aime ça. J’aime la compétition, la bagarre. Le fait d’être une athlète est un don. Je ne veux pas le gâcher. Il y a des choses de la vie qui font que c’est difficile, mais c’est grâce au tennis que je m’en sors. Grâce au staff qui est autour de moi. Quand je suis sur le terrain, je ne pense pas aux problèmes. Même s’ils sont là. Aujourd’hui, je me focalise sur moi et rien d’autre.

Vous dites qu’il ne faut pas gâcher votre talent. C’est une crainte?

Non, non. Moi j’ai mis un peu de temps à percer. Chacun a ses objectifs et tout le monde n’a pas la même vie personnelle. Pour l’instant, je suis fière de moi.