Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Aulnay CSL: Le club où les joueurs rêvent de monter dans le bus

Aulnay CSL: Le club où les joueurs rêvent de monter dans le bus

FOOTBALLAlou Diarra a reversé sa prime de Coupe du monde à son club formateur qui devrait investir dans l'achat d'un bus...
Romain Scotto

Romain Scotto

Alain Akini s’y voit déjà. Un dimanche matin, prêt à prendre le volant du minibus du club pour aider ses jeunes à jouer une rencontre à l’extérieur. Le président du CSL Aulnay, club coincé entre la Cité des Mille-Mille et des 3000, s’est remis à rêver depuis qu’un ancien de la maison lui a fait une promesse. Alou Diarra a décidé d’offrir une partie de sa prime de Coupe du Monde à son club formateur. Environ 50.000 euros que la FFF versera au club avant l’été. «C’est une reconnaissance. On s’est dit, tiens, il y a pensé», savoure le président aulnaisien, 35 ans de présence au CSL.

Dans son bureau s’empilent les trophées remportés par les anciens, Franck Silvestre, Olivier Dacourt, Sigamary Diarra, Boukary Dramé et donc Alou Diarra, ex-gréviste de Knysna, mais aussi bienfaiteur de l’année. Fernand Duchaussoy ne blaguait pas en affirmant que les primes du Mondial serviraient à financer l’achat de bus. Au-delà du clin d’œil, le problème est central dans les clubs amateurs. «Les transports, c’est un gros souci. Ici, c’est la ville d’Aulnay qui gère l’affectation des bus. Il y a trois clubs et 600 associations, il faut partager tout ça...»

Trois minibus dans l’idéal

Avec la prime de Diarra, les dirigeants comptent donc s’acheter un minibus. «Mais en avoir un, c’est une solution et un problème. A qui le prêter? Pourquoi untel, pas l’autre? Et il faut l’entretenir, ça coûte cher.» Dans l’idéal, Alain Akini rêve de trois minibus achetés par le club et entretenus par la mairie. Il a déjà étudié la question, prévu un montage financier avec la mairie et les partenaires du club. «Un bus, c’est entre 25.000 et 35.000 euros pièce. C’est un investissement à long terme.»

En attendant, c’est donc le système D qui prévaut pour accompagner les gamins. Le dévouement d’un dirigeant ou de parents font souvent l’affaire. Mais ils sont de moins en moins nombreux à prêter leur voiture. «Ça coûte trop cher. Souvent, les parents considèrent le club comme une garderie.» Faute de bus, le club a déjà annulé un déplacement cette saison pour une équipe de jeunes. L’épisode Knysna n’est pas étranger à tout ça. «On a ressenti un peu d’écœurement et de déception. Ils sont sensés nous représenter puisqu’ils sont aussi issus du football amateur. On n’oubliera pas. On a eu du mal à rattraper les gamins derrière. On a dû mettre en place des réunions pour qu’ils en parlent.» A la rentrée, le club n’a pas enregistré de baisse de licenciés, mais la progression des inscriptions post-Coupe du monde n’atteint pas les 30% habituels. Tout ça à cause de 23 joueurs ayant refusé de descendre d’un bus. Alors qu’en Seine-Saint-Denis, certains ne rêvent que d’y grimper.