Tour des Flandres: la classique qui n'aime pas les Français (et inversement)

CYCLISME Comme tous les ans, aucun tricolore ne peut espérer gagner le «Ronde van Vlaanderen» dimanche...

Antoine Maes
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Tom Boonen lors du Tour des Flandres 2011.
Tom Boonen lors du Tour des Flandres 2011. — F.LENOIR/REUTERS

Un petit coup d’œil sur le palmarès suffit à comprendre: en 94 éditions, le Tour des Flandres ne s’est offert qu’à trois reprises aux Français (Bobet en 1955, Forestier en 1956, Durand en 1992). Et dimanche, de Bruges à Meerbeke, il y a encore une fois assez peu de chance qu’un tricolore triomphe des monts flamands. Et c’est tout sauf un hasard. «Un gars de chez nous, il arrive à l’hôtel, il voit la pluie qui tombe à l’horizontale par la fenêtre, il se dit «Belgique de merde!» et il n’a qu’une envie, c’est de rentrer chez lui», raconte Frédéric Moncassin, le dernier Français à avoir accroché un podium, en 1997.

«On n’est pas éduqués à ce genre de course»

En clair, il faut aimer le «Ronde van Vlaanderen» pour espérer y gagner. C’est bien le problème en France, où les fans des classiques flandriennes se comptent sur les doigts d’une main. Les autres, dans leur immense majorité, misent toute leur saison sur le Tour de France, «alors qu’on n’y est pas franchement bons non plus. Mais moi, j’habite dans les Pyrénées, et le Tour des Flandres, c’est à la limite du monde connu. On n’est pas éduqué à ce genre de course», poursuit Frédéric Moncassin. L’espoir français sur les flandriennes s’appelle Yoann Offredo (24 ans), mais il est tout simplement forfait dimanche.

«Les derniers vainqueurs sont tous très expérimentés»

le profil type des derniers vainqueurs n’existe d’ailleurs pas dans le peloton français. «Quand on regarde la moyenne d’âge des derniers vainqueurs, ils sont tous très expérimentés», remarque Jacky Durand, le dernier vainqueur tricolore, en 1992. «Il faut aussi être très fort physiquement. Et aussi tactiquement. En fait, il faut être vachement complet», s’enflamme Moncassin. Et aimer passer sa journée à se bagarrer pour se placer. Tout en affrontant une foule compacte de supporteurs flamands tout au long des 18 monts qui jalonnent l’épreuve la plus difficile du monde, avec le Paris-Roubaix. «C’est une course de combat. Il faut venir pour tuer», conclut Moncassin. Et les Français n’ont pas encore le calibre pour ça.