Jason Lamy-Chappuis: «Participer à la Tournée des quatre tremplins, ce serait sympa»
INTERVIEW•Encore vainqueur de la Coupe du monde de combiné nordique, le Français n'exclut pas de changer de discipline à l'avenir...Propos recueillis par Romain Scotto
Un deuxième globe de Coupe du monde, une médaille d’or aux Mondiaux en combiné nordique. Dans la foulée de son titre olympique, en 2010, Jason Lamy-Chappuis a encore bouclé une saison réussie. Le douanier de Bois d’Amont est loin de se lasser, mais il se verrait bien passer au saut à skis dans les années à venir. En attendant, il n’exclut pas quelques apparitions sur le circuit de la Coupe du monde dès l’année prochaine…
Quel bilan tirez-vous de cette saison? Vos résultats vont-ils au-delà de vos espérances?
On ne peut pas dire que c’est une saison ratée... J’avais un peu plus de doutes cette année que les précédentes. J’étais le favori. Avec un été un peu mouvementé à cause de toutes les sollicitations médiatiques. Et puis dès la première course, je gagne, je m’installe dans une spirale de confiance. Je dirais qu’il n’y a que deux courses difficiles dont la première des championnats du monde où je finis 15e.
Avec le temps, profitez-vous plus de vos victoires?
On en profite à la finale en général (en fin de saison). On se réserve parce que si on commence à faire la fête en début de saison, on ne la finit pas. Certains le font, mais ça se ressent sur les skis après. Mais on a eu le temps de s’amuser avec toute l’équipe à la fin des championnats du monde. Entre coachs et athlètes. On a eu le temps de savourer parce qu’on est quand même la tête dans le guidon toute l’année.
Appréciez-vous la position d’homme à battre que vous occupez depuis deux ans?
J’ai un peu plus de pression. Dès que ça se passe un peu moins bien, on se pose des questions plus rapidement. Mais en même temps, je suis en position de force. J’aime bien avoir cette petite pression, pour être bon le jour J.
Sentez-vous que l’intérêt pour votre sport a encore grandi cette année?
Depuis ce 14 février 2010 (date de son titre olympique), ça a vraiment basculé. Je sens que les gens parlent plus de combiné nordique. Les résultats sont là, donc ça continue. Il y a eu beaucoup plus d’engouement cette année. Même en dehors de ma région. Un jour, en embarquant dans un avion, un gars m’a reconnu sans casque et lunette. Dans le métro aussi, à Paris. Quelqu’un me dit: «J’ai reconnu ton pendentif de sauteur, bravo pour ta saison.»
Qu’avez-vous fait de votre prime de victoire olympique?
Elle m’a aidée à payer mon appartement à Bois d’Amont. 90m², c’est bien. J’y vis. J’ai conscience qu’être propriétaire à 25 ans, ce n’est pas donné à tout le monde. Je ne suis pas au niveau des footballeurs, mais je gagne bien ma vie.
Vous êtes aussi champion de France de saut à skis, peut-on vous voir en Coupe du monde la saison prochaine?
Pourquoi pas si j’ai des trous dans la saison. Ce serait sympa de participer aux étapes de la Tournée des quatre tremplins. Ou faire du vol à skis. Mais ma priorité va au combiné nordique. En revanche, si jamais je manque de motivation et que je sens que j’ai fait le tour, pourquoi pas une saison de saut à skis. L’année prochaine, si j’ai un week-end de libre, ce serait un petit défi de me frotter aux meilleurs sauteurs.
Pour gagner?
Ce serait dur quand même. J’ai le niveau pour entrer dans le top 30. Et après, il faudrait vraiment s‘entraîner spécifiquement. Plus on s’entraîne en aérobie, pour le ski, plus on perd en explosivité pour le tremplin. Il faudrait aussi que je perde un peu de poids au niveau du haut du corps.


















