L'arbitrage a sa paire de jumelles

David Phelippeau

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Même rire, même accent chantant d'Aubagne, même petit minois, même passion. Julie et Charlotte Bonaventura ne sont pas sœurs jumelles pour rien. Il y a huit ans, les deux jeunes femmes, âgées de 31 ans, ont choisi de se consacrer à l'arbitrage du handball. Depuis, le duo est immuable. « Je ne m'imagine pas arbitrer avec quelqu'un d'autre », avoue Julie. Charlotte, l'aînée – car sortie quinze minutes plus tôt que sa sœur – ajoute : « On est liées naturellement ! » Pour diriger les matchs de LNH, les oreillettes sont quasiment superflues pour elles. « On se comprend les yeux fermés, on est en totale symbiose, explique Charlotte, qui travaille dans une caisse de retraite. C'est un grand avantage. » Pourtant, tout n'a pas été si rose à leurs débuts dans un monde réputé macho. « On était plus observées que nos collègues masculins, continue Charlotte. Il y avait une certaine suspicion. » Un doute vite envolé, car le duo prend rapidement du galon. La saison dernière, les coachs de D1 les ont élues meilleure paire d'arbitres. « Elles ne se la pètent pas, elles ne se prennent pas pour des flics comme certains arbitres hommes », estime un Nantais. « Elles sont imperméables à tout ce qui se passe autour, embraye le coach du “H”, Thierry Anti. C'est déroutant, car on les confond, on ne sait jamais si c'est Charlotte ou Julie qui siffle ! »
Un entraîneur qui avoue être « plus respectueux » compte tenu de la différence de sexe. « Il y a plus un rapport de rivalité avec les filles, estime Julie, ingénieur informatique dans la vie. C'est plus apaisé avec les garçons. Il n'y a pas de montée de testostérone avec nous. On est plus dans la séduction. » Comme ce jour où un joueur est venu frapper à leur porte pour déclarer sa flamme.