Etienne Lavigne: «On poussera encore les frontières du Dakar»

INTERVIEW Le directeur de la course présente le tracé de l'édition 2012, de Mar Del Plata en Argentine à Lima au Pérou...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Etienne Lavigne, le patron du Dakar, lors de la 7e étape du Dakar, le 9 janvier 2011 à Antofagasta (Chili)
Etienne Lavigne, le patron du Dakar, lors de la 7e étape du Dakar, le 9 janvier 2011 à Antofagasta (Chili) — E.Gaillard/REUTERS

Très loin des préoccupations du football, le patron de la course est fier d’évoquer son dispositif en 5-5-2. Cinq étapes en Argentines, cinq au Chili et deux au Pérou, le nouvel invité du Dakar 2012. Etienne Lavigne, qui a présenté mercredi le tracé de la prochaine édition d’une course entre Mar Del Plata et Lima. En attendant d’explorer d’autres pays du continent…

Vous vouliez réaliser un «sourire» en Amérique du Sud. Le but était de rompre avec la boucle de Buenos Aires à Buenos Aires?

Là, on renoue avec la grande tradition des grands Dakar en ligne. On ne l’avait plus fait depuis 2007. Argentine, Chili, Pérou, c’est un brelan d’enfer avec des paysages somptueux. C’est une belle virée qui nous rend très enthousiastes. Le Pérou est un pays merveilleux à découvrir avec du sable, du sable, et encore du sable. Et puis des gens très sympathiques aussi, avec qui on rigole beaucoup.

Ce sera un Dakar plus difficile que les saisons passées?

Il ne faudrait pas qu’il soit plus difficile que le précédent qui était vraiment très costaud. On va «tracer» (les villes étapes ne sont pas encore connues) et équilibrer les difficultés. Les territoires sont très différents. Ce n’est pas la peine de faire des étapes très longues dans ces milieux désertiques. Une étape de 250km en plein massif dunaires c’est déjà très compliqué. La grande nouveauté, c’est cette grande zone désertique du sud Pérou qui rappelle les paysages africains. Techniquement, ça va être intéressant.

Le tracé ne devrait pas éviter l’Atacama. C’est un passage obligé pour le Dakar désormais?

C’est un lieu qu’on aime bien. Il y a beaucoup de choses à explorer là-bas. Là, on va aller très au Nord, à Lima, mais on peut monter encore plus loin. Ça ne sera jamais fini, on poussera les frontières pour organiser de belles courses et faire vibrer ceux qui viennent  avec nous.

Il y avait d’autres pays candidats (Brésil, Uruguay, Paraguay…), qu’est ce qui a fait pencher la balance en faveur du Pérou?

Il y a  une course pour ces pays qui veulent accueillir l’épreuve. J’étais avec le président Morales (Bolivie) il y a quelques jours et il souhaite aussi accueillir le Dakar. Mais on ne peut pas tout faire en une seule fois. J’ai un beau projet, c’est Rio - Lima, pour dessiner ce fameux sourire entre cinq pays d’Amérique du Sud. Le choix des pays dépend de leur envie, tout d’abord. Et il faut que ce soit possible sur place. La Bolivie, c’est très haut par exemple. Pour les motards, c’est très compliqué de rouler à 5.000 m d’altitude. On fait des choix de raison.

Un retour en Afrique semble très éloigné…

Je vous laisse apprécier la situation à la lumière des difficultés d’aujourd’hui… Je pense à ces pays qui sont en pleine mutation. J’espère que la pièce tombera du bon côté et que cela ouvrira un futur meilleur en terme de démocratie. Pour ces pays qui nous ont accueillis tant d’années, je ne souhaite que la sécurité et la stabilité dans les mois ou les années qui viennent. Retourner en Afrique est un souhait qu’on a toujours. Mais il faudra attendre longtemps.

Regrettez-vous que le Dakar ne soit diffusé «que» sur France4?

Il faut sortir de chez nous. La fenêtre franco-française est intéressante, mais elle est étroite. Le Dakar fait 1200 heures de programmes  télé au mois de janvier dans 190 pays. C’est exceptionnel. On a une médiatisation qui n’a jamais existé sur le Dakar. En France, il n’y a que France 4. Mais en termes de médiatisation, ça reste une success story. Le Dakar a pris le virage de l’internationalisation depuis plusieurs années.