Francis Luyce : «Pas question de faire une exception pour Frédérick Bousquet»

NATATION Il est hors de question pour le président de la fédération que le Marseillais puisse être accompagné de son entraîneur américain lors des grandes compétitions...

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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Le président de la Fédération Française de Natation, Francis Luyce, en 2009
Le président de la Fédération Française de Natation, Francis Luyce, en 2009 — T.SCHAEN/SIPA

A la veille du début des Championnats de France à Strasbourg, le président de la Fédération française, Francis Luyce tient à se montrer inflexible sur le cas Frédérick Bousquet.  Le sprinter menace de quitter l’équipe de France s’il ne peut pas avoir, auprès de lui lors de grandes compétitions, son entraîneur américain Brett Hawke.

Frédérick Bousquet trouve «absurde» de ne pas pouvoir compter sur Brett Hawke pour les prochains Mondiaux et les JO de Londres. Qu’avez-vous pensé de ses déclarations?
Frédérick Bousquet met en accusation le DTN, Christian Donzé. J’aurais préféré qu’on en parle tranquillement à Strasbourg comme c’était prévu.  Sur le fond, je soutiens mon DTN et les entraîneurs nationaux. L’équipe de France fonctionne avec les huit meilleurs entraîneurs nationaux et je pense qu’ils ont suffisamment de qualités pour considérer qu’un entraîneur étranger intègre cet encadrement.

Frédérick Bousquet se sent peut-être plus en confiance avec Hawke auprès de lui?
Mais il aura Romain Barnier, qui est aussi son entraîneur à Marseille.  On a choisi une politique d’encadrement des nageurs et on s’y tient. Il n’est pas question de faire une exception pour Frédérick Bousquet.

Que vous inspire le retour en forme de Laure Manaudou qui a impressionné les d’observateurs lors de ses derniers entraînements?
Je n’ai pas changé d’avis. J’ai toujours cru à son retour. J’ai été un peu «visionnaire» à ce sujet.  Je suis très heureux d’apprendre qu’elle envisage de se qualifier pour les JO et qu’elle prend du plaisir à nager. Laure Manaudou est une icône de la natation, son retour est du pain béni pour nous.

En novembre, vous jugiez qu’il n’y avait pas eu d’assez bonnes retombées après la moisson de médailles des derniers Championnats d’Europe. Est-ce toujours le cas à la vieille de ces Championnats de France?
En novembre, j’avais exprimé une certaine désillusion concernant l’arrivée de nouveaux partenaires auprès de la fédération. Depuis, les choses évoluent dans le bon sens. Les principaux gagnants de cette moisson sont les nageurs. J’ai vu que Camille Lacourt avait gagné 700.000 euros en 2010. On ne va pas cracher dans la soupe, c’est une très bonne chose. Cette médiatisation prouve que la natation française va bien. On a la chance d’avoir des champions comme Yannick Agnel,  Fabien Gillot ou Frédérick Bousquet qui parlent bien et qui plaisent à la gente féminine. Il manque juste ce grand bassin en région parisienne pour exploiter cette exposition.

Votre ville de Dunkerque va de nouveau accueillir les sélections pour les JO en 2012.  Qu’avez-vous à répondre aux défenseurs de la candidature de Montpellier qui parle de copinage?
Je ne réponds pas à ces sarcasmes. La ville Dunkerque a largement prouvé par le passé qu’elle disposait des conditions requises pour accueillir ces sélections. La ville a fait un effort exceptionnel pour agrandir le bassin de récupération.  Le DTN a décidé que l’équipe de France irait préparer les Jeux de Londres dans le Nord-Pas-de-Calais, il aurait été paradoxale que les Championnats de France ne se déroulent pas à Dunkerque.