Ski: Alexis Pinturault, la belle promesse du ski français

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Boucles blondes et regard clair, Alexis Pinturault a déboulé sur toutes les pentes cet hiver, où de la Coupe d'Europe à la Coupe du monde de ski alpin, le jeune Savoyard s'est construit, avant même ses 2O ans, un palmarès que n'aura jamais la plupart de ses aînés.

Le jeune homme, qui entrera dans sa vingtaine le 20 mars prochain, a cumulé les honneurs en quelques semaines.

Fin janvier, il enlevait un deuxième titre de champion du monde junior en géant. En mars, il s'adjugeait le classement général de la Coupe d'Europe, devenant le premier Français à gagner ce circuit, antichambre de la Coupe du monde, avant même la fin de la saison.

Tout en jouant aussi, sans complexe, dans la montagne des grands. Début mars, pour son 19e départ en Coupe du monde, il s'offrait ainsi le luxe d'un premier podium, encadré par les champions olympique Carlo Janko et du monde, Ted Ligety, sur le podium du géant de Kranjska Gora. "Cet hiver est conforme à mes objectifs, à mes espérances", souligne le skieur de Courchevel, qui n'est pas garçon à se satisfaire de peu.

De Sotchi, la piste des prochains jeux Olympiques en Russie, en Norvège, le pays de sa mère, Alexis Pinturault a pris le départ d'une quarantaine de courses cet hiver et poursuit sa chevauchée en Suisse, à Lenzerheide, où il s'est qualifié pour le géant des Finales de la Coupe du monde, prévu vendredi.

A force de parcourir l'Europe, certains y perdraient toute leur énergie. "Cet hiver, j'ai dû passer entre dix et quinze jours au total à la maison", raconte le skieur, qui n'a eu pratiquement que les déplacements pour se reposer.

"Alexis, il sidère beaucoup de monde", reconnaît Gilles Brenier, directeur sportif de l'équipe de France masculine. "C'est un battant, un jeune chien fou, mais il faut qu'il garde cette qualité. Il voit le ski de sa manière, avec beaucoup de vitesse, et beaucoup de prise de risque."

Surtout, il affiche une belle polyvalence, qui peut lui permettre de jouer un jour la Coupe du monde générale, à une époque où le ski se divise plutôt entre spécialistes de la vitesse et spécialistes des épreuves techniques.

Avec l'insouciance de ses 19 ans, mais sans arrogance, il vient titiller les piliers français. "Je l'avais vu aux Championnats de France, où il m'avait battu. Je me suis dit qu'un jeune qui skie vite comme cela, a des choses à nous apporter. Lui aussi a dû apprendre en nous voyant. C'est donnant-donnant et quand cela se fait dans une ambiance comme cela, c'est très constructif", raconte Cyprien Richard, le meilleur géantiste français.

"C'est un super coureur avec un très bon état d'esprit. Il ne se gargarise pas d'un bon résultat. Il fait un podium, et trouve cela normal", poursuit le vie-champion du monde. "A Kranjska Gora, à l'arrivée, il faisait le malin gentiment entre Thomas Fanara et moi: ah je vous ai tapés les vieux! Je lui ai dit: profites-en !"

Du respect pour les anciens, Alexis Pinturault en a, mais sans verser dans l'admiration. Et quand après le sacre de Jean-Baptiste Grange à Garmisch, on lui demande ce que le champion du monde de slalom a en plus, il rétorque tranquillement: "Le dossard !" en allusion au fait que les meilleurs s'élancent en premier, sur une piste pas encore dégradée.