Equipe de France: Le retour d'Evra et Ribéry se fera sous surveillance

FOOTBALL Laurent Blanc ne laissera pas passer d'écart de comportement aux anciens bannis...

Bertrand Volpilhac

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Franck Ribéry et Patrice Evra à l'entraînement, le 14 juin 2010, à Knysna.
Franck Ribéry et Patrice Evra à l'entraînement, le 14 juin 2010, à Knysna. — TSCHAEN/SIPA

Sur la voie de la réinsertion. Punis, bannis et livrés à la vindicte populaire après Knysna, les mutins Patrice Evra et Franck Ribéry ont été rappelés chez les Bleus par Laurent Blanc pour la première fois depuis la mascarade sud-africaine. Tout sauf étonnant, tant le sélectionneur des Bleus avait intelligiblement préparé cet impopulaire retour à grands renforts de formules imparables et pleines de bon sens: «Il faut tourner la page», «seuls les critères sportifs comptent» et «la porte n’est pas fermée».

Elle s’est donc rouverte pour les deux bannis, en toute cohérence. Sportivement, Franck Ribéry, jugé «indispensable» à son meilleur niveau il y a quelques semaines par son sélectionneur, est aujourd’hui «sur le bon chemin» explique un Blanc satisfait. «Il est mieux physiquement, dans la vitesse. Il est en assez bonne forme pour ces matchs (face au Luxembourg, le 25 mars, et la Croatie, le 29).» Evra, considéré quant à lui comme «l’un des meilleurs arrière gauche du monde», est inévitable et légitime en l’absence d’Eric Abidal.

Pas le droit d’être non-irréprochable

Logiques, presque naturels, ces rappels sont malgré tout à un exercice de contorsion pour le sélectionneur, habituellement protecteur avec ses joueurs. Conscient que ce retour se fait à contre-courant de l’opinion publique et de celle de Chantal Jouanno, la ministre des sports, il a invité ses nouveaux joueurs à filer droit dans son équipe de France. «Je n'ai de comptes à rendre à personne. J’ai été très clair, affirme-t-il le ton grave. Ils ne peuvent pas se permettre, avec ce qu’il s’est passé, d’avoir un état d'esprit non-irréprochable. Si ça ne l’est pas, il faudra que je prenne des mesures radicales.»

Les choses ont changé dans cette équipe de France, et ceux qui animaient le côté gauche des Bleus en Afrique du Sud doivent s’y faire. «A eux d’avoir les bons comportements et d’assumer certaines choses,  poursuit Blanc, toujours aussi grave. Ils avaient un certain statut de par leur expérience, de par leur âge. Il faut qu’ils aient l’humilité de revenir dans cette équipe avec le statut de chacun. A eux d’acquérir un nouveau statut, mais il faut le mériter. Par les performances et l’état d’esprit. Je serai intransigeant.» Dont acte.