A Manchester, la légende tient lieu de fond de commerce
FOOTBALL•L'âme des Red Devils est aussi leur meilleur argument de vente...A Manchester, Antoine Maes
Sur la Matt Busby Way, trois légendes contemplent ce qu’est devenu Manchester United. Devant l’entrée principale d’Old Trafford, une statue de Dennis Law, George Best et Bobby Charlton, la «Sainte Trinité» mancunienne, fait face à l’immense boutique du club. C’est un résumé parfait de la politique du club, qui cultive à outrance son histoire, tout en réalisant un chiffre d’affaire qui a culminé pour la saison 2009-2010 à 327 millions d’euros.
Son histoire, Manchester en a fait son meilleur argument publicitaire. Tous les jours, autour du stade, des tour-operator proposent des visites guidées à des touristes venus de toutes l’Asie. Le clou de la visite (payante) est le «Munich Tunnel». Sous la tribune sud, c’est un long et froid corridor à la mémoire des joueurs ayant péri lors du crash d’un avion en Bavière en février 58. Et là aussi, la mémoire est devenue un fond de commerce. «Avant la tragédie de Munich, le club appartenait à Manchester, mais après ça, Manchester United a capté l’imagination du monde entier», proclame une plaque commémorative. Best, Cantona, Beckham et Cristiano Ronaldo sont partis, mais la légende du MUFC, elle ne succombera jamais à un mercato. Et comme elle est belle, autant s'en servir pour remplir les caisses.
«lLa plupart des fans ne vont jamais aux matchs, mais ils achètent des maillots»
C’est sous la tribune sud que se trouve Alexander, la vingtaine boutonneuse. Venu tout droit de Norvège, il se proclame fan de toujours des Red Devils. Sans avoir jamais vu un match à Old Trafford. Ce sera pour mercredi, contre l’OM. «Supporter ce club, c’est un peu «mainstream», c’est vrai. La plupart des fans ne vont jamais aux matchs. Mais ils achètent les maillots», assure-t-il, avec sous le bras, ses emplettes du jour: un maillot (110 euros) et une écharpe (12 euros).
Il représente le gros de l’armée de fans du club. Celle que le marketing macunien entretient d’une main de maître depuis 2005 et l’arrivée aux commandes de la famille Glazer. Sur les feux rouges qui peuplent les voies d’accès au stade, les autocollants «Love United, Hate Glazer» sont encore nombreux. Fin février, l’actionnaire majoritaire américain a démenti les rumeurs de vente. «Manchester United n’est pas à vendre». Ou alors par petits bouts, et à la boutique officielle.


















