L'Italie s'est levée
L'Italie a obtenu la première grande victoire de son histoire, ...© 2011 AFP
L'Italie a obtenu la première grande victoire de son histoire, samedi contre la France dans le Tournoi des six nations (22-21), en prenant son destin en main avec un jeu tourné vers l'attaque, au-delà de son seul paquet d'avants, et en le maîtrisant après des années d'apprentissage.
"L'Italia s'è desta" ("L'Italie s'est levée"), chante l'incipit de l'hymne national, repris à gorges déployées par le stade Flaminio avant le match puis a capella à quelques minutes de son terme, quand tous les tifosi ont compris que la Nazionale remportait enfin la première grande victoire de son histoire. L'année où on fête les 150 ans de l'Unité italienne, cela tombe "a posto" (à point).
Passée tout près contre l'Angleterre l'an dernier (12-17) et il y a trois ans (19-23), l'Italie a enfin battu une des cinq grandes nations du rugby en compétition officielle.
Et le plus important pour les Italiens réside dans la manière. "On a eu des bons ballons à jouer, explique le pilier Carlo Festuccia. On a attendu qu'ils défendent. Quand c'est le contraire, que tu passes le match en défense, c'est plus dur de gagner".
"J'ai dit à mes joueurs qu'il fallait absolument jouer et garder le ballon, ne pas avoir peur, raconte l'entraîneur Nick Mallett. J'étais absolument convaincu qu'on pouvait gagner ce match."
Ce triomphe est le fruit d'une vraie audace et d'une vraie révolution: l'Italie a gagné en portant le ballon vers le large et non plus en se contentant de jouer autour de son pack puissant. D'ailleurs, les Italiens eux-mêmes le reconnaissaient samedi, leur huit de devant a été plutôt malmené par les Bleus.
A un cheveu de la victoire contre l'Irlande (11-13) et le pays de Galles (24-16) cette année, l'Italie n'a cette fois pas craqué en fin de match. "Psychologiquement, on n'a pas fait les mêmes erreurs", estime le capitaine Sergio Parisse.
"Cette fois-ci, on a su être patient", abonde l'ailier Mirco Bergamasco, plein de sang-froid pour passer la pénalité du 22-21. "On est passé devant à la 76e minute, après on a su garder le ballon, on a eu trois mêlées sans faire de faute".
Autre bonne nouvelle: la génération emmenée par Parisse, Bergamasco (son frère Mauro était blessé pour ce Tournoi) et Martin Castrogiovanni a fait des petits. Elle s'est trouvée d'autres bons joueurs, comme le demi de mêlée Fabio Semenzato, sélectionné depuis seulement trois matches et déjà indispensable, et Andrea Masi (re)découvert au poste d'arrière où il n'avait plus officié depuis deux ans et où il fut le meilleur homme du match, marquant l'essai historique.
Cette victoire conforte les choix de l'entraîneur sud-africain Nick Mallett, régulièrement contesté depuis son arrivée après la Coupe du monde 2007.
Son contrat s'arrête après le Mondial-2011 et, si lui aimerait poursuivre son travail, la Fédération a déjà préparé le terrain au Français Jacques Brunel tout en affirmant qu'elle discuterait de l'avenir de Mallett après le Tournoi.
"C'est sûr que nous, on est pour Mallett, annonce Carlo Festuccia, ils nous apprend beaucoup de choses, il est soutenu par toute l'équipe". Si le Sud-Africain fait franchir pour la première fois le cap des poules à l'Italie lors de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, pourra-t-il partir ?


















