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Kevin Gameiro: «Avoir dix clubs qui te suivent, ça motive»

Kevin Gameiro: «Avoir dix clubs qui te suivent, ça motive»

INTERVIEWL'attaquant international de Lorient veut terminer en tête du classement des buteurs avant de quitter Lorient...
Propos recueillis par Romain Scotto

Propos recueillis par Romain Scotto

Chaque semaine de Ligue des champions est une tentation pour Kevin Gameiro. L’attaquant de Lorient frissonne toujours en entendant l’hymne lyrique de la compétition. En attendant de la disputer (l’année prochaine?) le buteur international a une saison à terminer avec son club. Et un match de championnat à gagner dès samedi soir à Arles-Avignon.

Ce déplacement à Arles-Avignon est l’occasion de faire prouver que vous pouvez gagner des matchs à l’extérieur. Comment l’abordez-vous?

Depuis janvier, ils sont beaucoup mieux. Ils ont envie de prouver à chaque match qu’ils ne sont pas ridicules. Nous aussi, on est meilleurs à l’extérieur depuis la reprise. On sait que c’est un match important parce qu’en cas de victoire, on reste dans la première partie du tableau. Ça peut nous libérer dans les têtes. A domicile, on se fait respecter, mais à l’extérieur, il nous manque de la confiance et des victoires. L’objectif, c’est toujours de faire mieux que la septième place de l’année dernière.

Et vous concernant, rattraper Moussa Sow (17 buts contre 15 à Gameiro) en tête du classement des buteurs?

Oui parce que l’année dernière je n’ai loupé le titre que d’un but. Cette année, c’est un vrai objectif. C’est bien parti et ça peut aller vite. En dix matchs, tu peux ne pas marquer et en un match, tu peux en mettre quatre. Cette année, je suis un peu moins altruiste, mais je ne suis pas le genre d’attaquant qui frappe dix fois au but dans un match. Des fois, si je peux faire la passe, je la fais. Certains attaquants frappent, même excentrés. Pas moi, ce n’est pas mon style. Ce qui compte, c’est la régularité. Marquer quinze buts chaque année, c’est pas mal.

Avez-vous l’impression de prendre plus de coups sur les terrains, cette saison?

Non, parce que je n’ai pas le jeu fait pour prendre des coups. Je ne porte pas souvent le ballon. Je ne dribble pas. Je cours beaucoup sans le ballon. Par contre, je suis beaucoup plus craint. Mais pour moi, ça ne change rien, je m’adapte au jeu de mes adversaires.

Qui voyez-vous champion de France?

Lille est bien parti, quand même… Ils ont eu un petit moment de creux, mais en gagnant à Marseille, ils se sont fait beaucoup de bien. Marseille, même en n’étant pas très performant, gagne des matchs. Donc ils seront dans les trois premiers.

La saison prochaine, vous vous voyez aussi jouer la Ligue des champions?

Oui, la petite musique, ça fait rêver, comme tout le monde…

Vous n’avez donc pas changé d’avis. Pour progresser, vous devez partir en fin de saison…

Oui, je pense. Si je veux franchir un palier, il faut que je connaisse autre chose. Je progresserai comme ça. Mais ici, tu peux travailler sereinement. Dans un grand club, la pression des médias, des supporters, ce doit être autre chose. Et il faut peut-être que je progresse dans ce sens là. Tout le monde sait ce que je veux. Je veux bien finir ma saison à Lorient avec un titre de meilleur buteur et on verra ce qu’il se passera à la fin de l’année.

Il faudrait que Lorient joue la Ligue des champions pour que vous restiez en Bretagne, alors…

(Il rit) On ne sait jamais.

On vous annonce à Valence, Lyon, Bordeaux, au PSG, à la Juventus… N’est ce pas déstabilisant d’entendre son nom cité partout à deux mois et demi de la fin de la saison?

Non, c’est toujours bien qu’on parle de moi. Je sais ce qui est vrai et faux. Je fais la part des choses. Là, je suis concentré sur ma saison à Lorient. Mais c’est clair que c’est plus intéressant quand t’as dix clubs qui te suivent que quand t’en n’as pas. Ce n’est pas déstabilisant, au contraire, ça motive pour essayer d’avoir encore plus de club derrière soi. Ou alors un très gros.

Dans votre réflexion, vous devez penser aux recommandations de Laurent Blanc, qui est vigilant au temps de jeu des joueurs qu’il sélectionne…

Si tu veux être titulaire en équipe de France, il faut jouer, c’est normal. Moi je suis dans un petit club, je prends ce qu’il y a à prendre. Je progresse normalement et quand il faudra être là, je serai présent.

Avez-vous l’impression que l’équipe de France a progressé depuis le mois d’août et la prise de fonction du sélectionneur?

Oui, on progresse collectivement. Au début le groupe ne se connaissait pas trop. Mais là, il est en train de se créer. C’est ce qui fera notre force dans les mois à venir.