Arbitrage: Après une réunion au ministère, Chantal Jouanno calme le jeu et annonce la création d'une charte

FOOT Pour l'instant, il n'y a pas de menace de grève pour la prochaine journée de Ligue 1...

B.V. avec REUTERS

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Cinq arbitres de L1, le 22 septembre 2010, à Nancy, avant un match de championnat.
Cinq arbitres de L1, le 22 septembre 2010, à Nancy, avant un match de championnat. — P.EMILE/SIPA

Une accalmie dans le cyclone arbitrale. Mercredi, Chantal Jouanno a jugé légitime la colère des arbitres de football de Ligue 1, tout en critiquant la forme de leur protestation, et appelé à un respect mutuel sur les terrains. Elle a par ailleurs ajouté que les arbitres et les présidents de club se sont engagés à signer une charte de respect mutuel, déjà prévue en 2008, mais jamais terminée.

La ministre des Sports a reçu l'ensemble des protagonistes de la brève crise qui a secoué le week-end dernier l'arbitrage français, dont les représentants dans l'élite exigent à la fois plus de considération et plus de rémunération.

«Nous n’avons pas parlé des enjeux financiers»

Ils avaient annoncé vendredi, 24 heures avant le début des matches de Ligue 1, qu'ils retarderaient de 15 minutes le coup d'envoi des rencontres pour exprimer leur mécontentement.

La Fédération française de football (FFF), la Ligue de football professionnel (LFP) et les clubs ont réagi très vivement à ce mouvement et les instances fédérales ont décidé de remplacer au pied levé les protestataires par des arbitres de National (3e division).

Mardi soir, le Syndicat des arbitres de l'élite (SAFE) a décidé de mettre fin à son mouvement.

«Nous n'avons pas parlé des enjeux financiers, ni de l'arbitrage car cela relève de la Fédération», a déclaré Chantal Jouanno après avoir rassemblé au ministère Fernand Duchaussoy, président de la FFF, Jean-Pierre Louvel, président de l'Union des clubs professionnels (UCPF), Marc Batta, président de la direction nationale de l'arbitrage (DNA) et Alexandre Castro, président du SAFE.

«Attirer l’attention sur les dérives du football»

«L'enjeu de cette rencontre, était d'évoquer le respect sur les terrains. Le respect des joueurs, des présidents, des entraîneurs. C'est un appel collectif à plus de respect sur les terrains», a ajouté la ministre.

Pour Alexandre Castro, cette réunion a fait avancer les choses. «Il s'agissait pour nous d'attirer l'attention sur toutes les dérives dans le foot. Je pense que tout le monde a pris conscience des difficultés qui sont les nôtres et du respect de tous les acteurs», a-t-il dit.

«Ils ont entendu notre message, mais nous n'avons pas inclus l'aspect salarial dans notre action», a-t-il affirmé.

Chantal Jouanno a porté un regard nuancé sur l'attitude récente des arbitres.

«Ce n'est pas la bonne formule, même si dans le fond ils ont raison. Le foot doit redresser son image et ce qui s'est passé n'aide pas à cela», a-t-elle dit.

«J'espère qu'ils n'ont pas fait ça pour des raisons financières parce que la forme ne serait pas adaptée», a-t-elle ajouté.

Pour Fernand Duchaussoy, «on a assisté à beaucoup d'exactions, des choses regrettables sur les terrains mais tout n'est ni blanc ni noir. On peut considérer qu'on va repartir du bon pied.»

Jean-Pierre Louvel a quant à lui évoqué une relance de la charte entre les arbitres et les présidents de club, un code de bonne conduite qui n'a jamais été signé et qui sera à l'ordre du jour des prochaines réunions.