Foot: Les arbitres obtiennent une charte

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Le conflit opposant les arbitres à la Fédération (FFF) et à la Ligue professionnelle (LFP) s'est dénoué mercredi au ministère des Sports avec une réunion entre acteurs du football français aboutissant à quelques décisions a minima, parmi lesquelles la rédaction d'une charte.

Réclamant plus de respect, les arbitres d'élite réunis au sein de leur syndicat (Safe) avaient frappé fort vendredi en annonçant leur intention de repousser d'un quart d'heure le coup d'envoi des matches de la 26e journée de Ligue 1, prévus le week-end dernier.

Mais la Fédération, soutenue par la LFP (qui paie 11 millions d'euros par an pour l'arbitrage) avait répliqué de façon encore plus brutale en les suspendant et en les remplaçant par des arbitres officiant habituellement en National.

Mardi, les frondeurs étaient contraints de déposer les armes, annonçant la fin de leur action, après un «appel à la raison» de leur directeur national (DNA) Marc Batta.

Même si les arbitres disaient en attendre beaucoup, la réunion de conciliation convoquée au ministère des Sports par la ministre Chantal Jouanno apparaissait soudain moins cruciale et elle n'a de fait abouti mercredi qu'à des mesures qui semblent symboliques.

Une rencontre annuelle

Les participants (représentants de la FFF, de la LFP, du Safe, de la DNA et du syndicat des clubs professionnels UCPF) se sont ainsi engagés à rédiger une charte, déjà prévue par la task-force mise en place en 2008 mais jamais terminée.

La ministre a également évoqué une rencontre «au minimum annuelle» entre arbitres et présidents de clubs et la mise en place, si la réforme des statuts de la FFF est votée le 2 avril, d'une «instance de concertation réunissant toutes les parties et définissant les orientations de l'arbitrage». Les arbitres devront s'en contenter.

«La discussion ayant repris, je pense que ça va forcément aller beaucoup mieux. Tout le monde a pris conscience de l'importance de rétablir un respect mutuel. Notre message a été entendu», a assuré Alexandre Castro, président du Safe.

Tout le monde en revanche s'est bien gardé de parler d'argent. L'enjeu de cette réunion n'était «surtout pas de parler de questions financières», a ainsi déclaré Chantal Jouanno dès les premiers instants de sa conférence de presse.

Depuis plusieurs mois pourtant, les arbitres réclament à la FFF une part du contrat Nike (42 millions d'euros annuels). Les arbitres centraux de L1, qui perçoivent en moyenne environ 70.000 euros par an (fixe et primes confondus), souhaiteraient ainsi voir leur rémunération fixe mensuelle passer de 2750 à 4500 euros.

«Ce n'est pas mon sujet, c'est celui de la Fédération», a répété Mme Jouanno.

Les arbitres de Ligue 2 en sursis

Le sujet sera donc peut-être abordé vendredi lors d'une réunion prévue de longue date entre représentants du Safe et Fernand Duchaussoy, le président de la FFF, qui s'est à nouveau dit mercredi «favorable à la concertation et au dialogue.»

Jeudi, le bureau du Conseil fédéral devrait également se pencher sur les désignations des arbitres pour la 27e journée ce week-end.

«Les (arbitres de) L1 ont déjà été suspendus un match. Je n'ai pas d'opposition à ce qu'ils soient là. Pour les L2, je n'en dirais pas autant», a déclaré Jean-Pierre Louvel, président de l'UCPF, en référence aux neuf arbitres de Ligue 2 suspendus à titre conservatoire jusqu'à leur convocation devant la commission de discipline de la FFF le 16 mars pour avoir, en signe de solidarité, retardé le coups d'envoi des matches vendredi et samedi.

Un autre arbitre devra, lui, s'expliquer devant le conseil de l'éthique de la Fédération: Tony Chapron, secrétaire du Safe, qui avait fustigé lundi dans un entretien à l'AFP «l'incompétence de la Fédération dans le domaine de l'arbitrage et dans d'autres.»