Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Faut-il être ami pour gagner en Coupe Davis?

Faut-il être ami pour gagner en Coupe Davis?

TENNISQuand les individualités mettent de côté leur égo pour le bien collectif...
Romain Scotto

Romain Scotto

Il n’y aurait plus une seule onde négative dans le hangar de Vienne où les Français s’apprêtent à défier l’Autriche en Coupe Davis. Plus aucune pensée parasite susceptible de perturber l’équilibre du groupe de Guy Forget. Après les mots durs de Gilles Simon en début de semaine, vis-à-vis du staff et ses coéquipiers, le capitaine français n’a cessé de calmer le jeu. «Il y a eu des petites choses dont on se serait tous passé, mais franchement, tout va bien. Et à un moment donné, on n’a pas envie d’être perturbé par rapport à cet objectif.»

Le temps d’une semaine, la politique de l’autruche doit donc aider cette équipe à gagner. Peu importe si les complaintes de Simon ont laissé poindre des dissensions. L’exemple d’une Serbie unie autour de son leader, Djokovic, est loin d’être un classique, comme le note George Deniau: «Il ne faut pas forcément être amis, mais il faut savoir faire cause commune.» Subtile nuance. Selon l’entraîneur français lors du sacre de 2001, «cela dépend avant tout de l’intelligence des joueurs en question». Pour certains, il est parfois compliqué de mettre son égo de côté et ravaler sa fierté. Mais cela n’a jamais empêché une équipe de gagner.

Pioline et Santoro ne se parlaient pas

Patrice Hagelauer se souvient des premières campagnes communes de Leconte et Noah au cours desquelles l’ambiance n’était pas à l’unité. La France avait pourtant atteint la finale en 1982 (perdue face aux Etats-Unis). Idem en 1990, quand Patrice Dominguez a pris le capitanat. Selon le consultant RMC, certains bénéficiaient d’un traitement à la carte à son arrivée. Les uns voyageaient en première classe et dormaient dans des suites de luxe. Les autres étaient moins bien servis. «Il y avait Noah, Leconte, Forget… J’ai remis les choses à plat et tout le monde a été logé à la même enseigne.» Exactement ce qu’exige Simon aujourd’hui, pour ne plus se sentir frustré.

Le problème se pose encore plus en double, mais il n’est pas insoluble. «Nastase et Tiriac ont joué sans se parler. Ils étaient brouillés. Mais ils ont fait cause commune pour gagner. C’était l’une des meilleures paires d’Europe», enchaîne Deniau. En 2001, Pioline et Santoro ne se parlaient pas non plus. Ensemble, ils ont pourtant remporté leur double en finale contre l’Australie en 2001. Cela n’empêche pas Jean-Claude Perrin de rester un partisan de l’émulation de groupe. Sans bonne entente, pas de victoire. «On n’a pas toujours comme coéquipiers Boetsch ou Forget», note le préparateur des succès de 1991 et 1996. Deux joueurs présentés comme des camarades modèles, même si, une fois capitaine, Forget s’est passé pendant plusieurs années de Santoro pour des raisons relationnelles. «Je lui parle en chinois et lui me répond en portugais…» Avec Gilles Simon, le message ne passe pas toujours. Mais les deux hommes communiquent encore en français.