Championnats d'Europe en salle: Comment surfer sur la vague de Barcelone?

ATHLETISME Le staff de l'équipe de France entend poursuivre à Bercy le travail entrepris l'été dernier...

Romain Scotto

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Christophe lemaître et Christophe Pessonneaux, deux des quatre vainqueurs du 4x100 metres de Barcelone, en août 2010.
Christophe lemaître et Christophe Pessonneaux, deux des quatre vainqueurs du 4x100 metres de Barcelone, en août 2010. — EFE/SIPA

En bon VRP de l’athlétisme français, Ghani Yalouz récite avec malice le slogan de sa fédération. «L’émotion ne se mesure pas qu’à la performance.» Il y aurait donc quelque chose en plus chez les 50 athlètes français engagés à partir de vendredi aux championnats d’Europe en salle de Bercy. Une équipe de France qui entend entretenir la dynamique initiée à Barcelone, l’été dernier, jusqu’aux Jeux de Londres, en 2012. En attendant, son objectif est triple, ce week-end à domicile.

Des médailles à gagner: Gahni Yalouz n’aime pas s’avancer. L’ancien lutteur est prudent et sait que le cru exceptionnel de Barcelone ne se déguste pas tous les jours. Officiellement, l’objectif comptable est de faire mieux qu’à Turin, ville hôte du dernier Euro en salle en 2009. Les Bleus y avaient ramené six médailles (dont deux titres). A partir de sept, le contrat devrait donc être rempli. Vu les bilans mondiaux, ils peuvent pourtant regarder un peu plus haut. Avant de débarquer à Bercy, la France compte trois meilleurs performeurs mondial de l’année  (Tamgho, Lavillenie et Antoinette Nana Djimmou). Et quinze sont tout près du podium. Même en l’absence de plusieurs cadres (Baala, Diniz, Barras, Taahri et Mekhissi), blessés ou engagés sur une épreuve ne figurant pas au programme, les athlètes tricolores peuvent donc taper dans la fourchette haute des résultats escomptés. D’autant qu’à domicile, ils pourront aussi compter sur le soutient du public du POPB.  

Une image à bonifier: Bernard Amsallem, le président de la FFA, ne remerciera jamais assez l’équipe de France de foot qui s’est autodétruite l’été dernier. Dans la foulée, ses athlètes ont brillé et donné quelques couleurs au sport français. «C’est vrai que les footballeurs nous ont bien aidé. Maintenant, on doit continuer à séduire. Il y a cet aspect émotionnel qu’il faut entretenir». En clair, donner une deuxième vie au déhanché de Myriam Soumaré, au zozotement de Christophe Lemaître ou au sourire contagieux de Renaud Lavillenie. Des athlètes sympathiques, au-delà de leur faculté à gagner. Du côté des comptes, la fédé se félicite de l’augmentation croissante du nombre de licenciés. La barre des 210.000 athlètes a été franchie en début d’année. Et les partenaires continuent d’affluer. Suez et Go Sport, deux des sponsors historiques, ont renouvelé leur contrat. Deux autres devraient signer. Au total, les recettes de sponsoring atteignent aujourd’hui 4 millions d’euros (sur un budget de 16 millions d’euro). «On a eu beaucoup de contacts après Barcelone, avec une vingtaine de marques, confie Amsallem. A l’époque, on nous a dit: ça nous intéresse, mais économiquement, c’est difficile en ce moment, mais on verra plus tard.» Plus tard, c’est peut-être maintenant.

Un groupe à souder: A dix-huit mois de l’échéance olympique, plus question de parler de clans. L’équipe de France a payé très cher les dissensions du passé et cherche désormais à entretenir une dynamique de travail collectif. «Je ne veux plus entendre parler du groupe untel ou du ch’nok. On fait partie du groupe France, et c’est tout.» Avec l’équipe de Yalouz, l’ambiance collo de vacances a remplacé les prestations individualisées. L'été prochain, un stage en Afrique du sud devrait réunir une cinquantaine d'athlètes. Pour gagner, tous sont sensés se connaître, et si possible s'apprécier, selon la méthode du géo Yalouz. L’image d’un Lavillenie encourageant à Barcelone ses copains du sprint ou des lancers reste l’un des petits plaisirs du plaisir du président Amsallem, depuis l’été dernier.