Bayonne: Bernard Laporte claque déjà la porte
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Après le départ de l'administrateur Bernard Laporte et celui annoncé en fin de saison d'Alain Afflelou, son principal parraineur, Bayonne semble s'engager dans une zone de turbulences alors même qu'il est bien placé pour accéder aux barrages du Top 14.
En annonçant vendredi soir la fin de la mission de l'ex-secrétaire d'Etat aux Sports "tant au niveau de l'évolution de ses infrastructures que de son rôle de conseiller sportif du président", l'Aviron Bayonnais a pris le risque de devoir affronter une crise, alors qu'il s'est hissé à la 6e place avant un choc contre le Stade Toulousain, champion d'Europe en titre, le 5 mars.
Le club a, selon les termes de son communiqué, "préféré s'engager dans une politique de continuité et de stabilité de son effectif comme de son encadrement sportif", se privant par voie de conséquence de son parraineur majeur, le lunetier Alain Afflelou, qui a annoncé samedi son départ à la fin de la saison.
"Je trouve dommage qu'on soit allé dans une direction, on était tous d'accord, que ce soit le maire ou les dirigeants", avant de changer de stratégie, a déclaré M. Afflelou, ancien parraineur de plusieurs clubs de football, comme Bordeaux ou Strasbourg, et qui avait appuyé l'arrivée de Laporte.
Le tandem constitué par Afflelou et Laporte avait vraisemblablement des vues pour prendre en mains le club basque, toujours concurrencé par son voisin biarrot, au palmarès récent nettement plus brillant (trois boucliers de Brennus et deux finales de Coupe d'Europe depuis les années 2000). Un lustre que l'Aviron tarde à retrouver, sa dernière finale de championnat de France remontant à 1982.
Sur le plan sportif, les désaccords étaient patents entre l'encadrement bayonnais, particulièrement Christian Gajan, directeur du rugby, et Laporte. L'ancien sélectionneur du XV de France (1999-2007) et homme d'affaires au carnet d'adresses fourni était impliqué dans le recrutement, comme celui évoqué de Byron Kelleher, le demi de mêlée All Black de Toulouse.
Plus particulièrement chargé de l'évolution des infrastructures, dont le projet d'un stade de 25.000 places, l'ex-secrétaire d'Etat, devenu conseiller sportif du président Francis Salagoïty, a visiblement empiété sur l'influence de Gajan et de son adjoint Thomas Lièvremont.
"C'est un énorme gâchis", a reconnu M. Afflelou, rappelant que depuis son arrivée en octobre 2007 comme parraineur majeur, le club a changé d'entraîneur chaque saison.
Mais cette année, avec le même duo d'entraîneurs, les supporteurs ont vu une réelle embellie après un exercice 2009-2010 calamiteux à l'issue duquel l'Aviron a été sportivement relégué avant d'être repêché après la rétrogradation administrative de Montauban.
Après une baisse de régime à l'automne (cinq défaites consécutives, dont trois à domicile), les Ciel et Blanc, premiers du Top 14 pendant deux journées, ont plutôt redressé la barre pour se maintenir à portée des places de barragistes.
Leur ailier Yoann Huget a même connu ses premières sélections avec le XV de France.
L'arrivée de Bernard Laporte, fin novembre, avait semblé provoquer un électrochoc, l'Aviron enchaînant une série de succès de bon augure pour passer devant son éternel rival biarrot.
Une accalmie de courte durée donc, avant une nouvelle vague qui pourrait peut-être perturber la marche en avant des Bayonnais vers les barrages.


















