Quel entraîneur faut-il pour Richard Gasquet?
TENNIS•Richard Gasquet vient de s'attacher les services de l'Italien Riccardo Piatti, son neuvième coach en neuf ans...A.Pr.
A 25 ans, Richard Gasquet n’arrive pas à se défaire de son image d’éternel espoir. Il a beaucoup plus de facilité à engager de nouveaux coachs. L’Italien Riccardo Piatti est le neuvième en neuf ans. Quel est le portrait robot de l’entraîneur idéal pour le Français?
Un aboyeur ?
Eric Deblicker promu directeur général délégué du Lagardère Paris Racing, Gasquet a-t-il vraiment perdu au change? Souvent critiqué pour son côté trop lisse et trop protecteur, Deblicker n’était peut-être pas assez dur au mal. Son prédécesseur Gabriel Markus l’était, mais ça n’a pas plu au joueur, qui a remercié l’Argentin fin 2010 après avoir traîné la patte lors des grosses séances d’entraînement.
«Il lui faut quelqu’un de directif, notamment parce que son jeu n’est pas encore figé», estime ainsi l’ancien directeur technique national Patrice Dominguez. Ce n’est pourtant pas l’avis de l’actuel DTN, Patrice Hagelauer: «Son entraîneur ne doit pas être un père fouettard qui l’obligera à trop jouer. Richard doit avoir un programme équilibré car il a besoin d’être serein sur le plan de la santé et de pouvoir jouer sans pépin physique.»
Un étranger?
Les Français ont peut-être trop de respect pour Gasquet, présenté comme un génie du tennis depuis ses neuf ans. Certes, l’expérience Markus n’a duré que sept mois en 2009, mais Gasquet en a tout de même profité pour grimper de la 55e à la 30e place mondiale. Choisir à nouveau un étranger n’est donc peut-être pas une mauvaise idée, même si on conseillerait volontiers à «Richie» d’améliorer son anglais pour comprendre à 100% les conseils de Riccardo Piatti ces prochains mois… «Avec un étranger, on est davantage dans une relation professionnelle que d’amitié et c’est une bonne chose pour Richard, confirme Dominguez. L’état d’esprit et la méthodologie sont différents et ça porte souvent ses fruits.»
Un baroudeur?
Mine de rien, jamais Gasquet ne s’était offert les services d’un coach avec autant de bouteille que Piatti (52 ans). Entraîneur historique d’Ivan Ljubicic, il a emmené le Croate à la troisième place mondiale et en demi-finale de Roland-Garros. Voir Gasquet dans le dernier carré à Paris dans trois mois serait déjà un succès en soi. «Piatti, c’est un bon choix car c’est quelqu’un qui travaille sur le long terme. Richard est quelqu’un qui a besoin de jouer beaucoup et Piatti le comprendra car il a énormément d’expérience du haut niveau.»
En bref, Gasquet a surtout besoin d’un coach faisant preuve de patience. «Il a besoin de quelqu’un qui peut le rassurer, lui donner confiance dans la direction dans laquelle il doit aller pour améliorer son jeu, juge Hagelauer. Piatti devra le persuader qu’il peut l’amener dans une voie qui lui apporte une valeur ajoutée. Pour cela, il faut qu’il connaisse bien Richard, qu’il sache s’adapter à ses demandes. Et ça, cela prend du temps.»


















