Cordillère des Andes: Comment lutter contre le mal des montagnes

DAKAR2011 La course effectue un passage à 4.800m d'altitude lors de la 5e étape...

Romain Scotto, à Jujuy (Argentine)

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Le pilote Volkswagen Giniel De Villiers, lors dela troisième étape du Dakar, le 4 janvier 2011 entre Tucuman et Jujuy.
Le pilote Volkswagen Giniel De Villiers, lors dela troisième étape du Dakar, le 4 janvier 2011 entre Tucuman et Jujuy. — E.Gaillard/REUTERS

De notre envoyé spécial à Jujuy (Argentine),

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Et le carnet de bord de Guerlain Chicherit...

Ils avaient déjà la chaleur et le manque de sommeil à gérer. Dès mercredi, les pilotes éreintés devront composer avec un autre mal. Celui des montagnes. La route du Dakar se braque brutalement pour entrer au Chili, lors de la 5e étape vers Calama, mercredi. Au programme, un passage de la Cordillère au petit matin, pour rejoindre le point de départ de la spéciale, un peu plus bas. Même si le chrono est éteint, il s’agit tout de même de piloter à 4.500m d’altitude (dont une pointe à 4800m) pendant quelques heures.

S’ils ne sont pas préparés, les pilotes risqueraient de prendre la montagne en pleine face. Asphyxiés par le manque d’oxygène. Le motard Olivier Pain, 9e du dernier Dakar, revoit avec anxiété son passage au même endroit l’année passée. «J’avais du mal à respirer. On ne s’en rend pas compte, mais à cette altitude, il faut s’écouter, gérer son corps et la moto.» Malgré une approche professionnelle de la chose, le pilote de 29 ans n’a pas pu se préparer à Font Romeu «comme (il) l’aurait voulu, faute de temps.» C’est pourtant en altitude que les meilleurs effectuent leur affûtage. «J’habite en Andorre et c’est un atout pour moi, commente Cyril Despres, le leader du classement moto. Je me rends souvent dans des salles aménagées en altitude à 2.500m pour faire du vélo par exemple.»

Les équipes médicales en alerte

Du côté des équipes médicales, l’étape de la Cordelière est toujours celle qui mobilise l’intégralité du staff. 53 personnes au total, essentiellement des médecins, des infirmiers et des kinés, répartis entre l’hôpital du bivouac et plusieurs équipes mobiles. Le docteur Pommery a également demandé la présence de cinq hélicos au lieu de trois. «On a aussi mis de l’oxygène en supplément dans chaque véhicule de l’organisation. Et on dispose de quatre caissons hyperbares.»

En cas de mal des montagnes, les médecins de course peuvent soigner différents malades. Des pilotes nauséeux ou, cas extrêmes, victime d’œdème cérébral. «Le manque d’oxygène modifie l’équilibre neurovégétatif, détaille Laurent Schmitt, directeur du centre de Prémanon. On a du mal à s’endormir, on accuse une perte de substrat énergétique.» Le problème est d’ailleurs le même pour les véhicules. Quand l’oxygène se raréfie, les moteurs rament. C’est alors aux mécanos d’effectuer les meilleurs réglages pour limiter la casse. Comme quoi sur cette étape, personne ne se ménage.