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Navigation: Le retour du Dakar à l'ancienne?

Navigation: Le retour du Dakar à l'ancienne?

DAKAR2011Cette année, les pilotes devront mettre à l'épreuve leurs qualités de navigateur...
Romain Scotto, à Buenos Aires

Romain Scotto, à Buenos Aires

De notre envoyé spécial à Buenos Aires,

Retrouvez le blog de notre envoyé spécial...

Et le carnet de bord de Guerlain Chicherit...

Il faut sortir les documents d’archive pour voir des pilotes perdus en plein désert, la carte dépliée sur le capot. Sur le Dakar, la boussole a disparu depuis longtemps, remplacée par un arsenal moderne d’outils plus sécurisants. Un peu trop même, au goût des organisateurs qui ne voudraient pas dépouiller la course de sa composante vitale: la navigation. Dans la chaleur sud-américaine aussi, la course doit rester un jeu de piste incertain. Une épreuve d’orientation où il ne suffit pas de mettre les gaz pour gagner.

«Le Dakar, ce n’est pas seulement une course de machines, c’est avant tout une course d’hommes. Avec leurs problématiques pour s’orienter, avance Etienne Lavigne, le patron de l’épreuve. Cette année, on veut renvoyer la course à ce qui fait son piment. Ce qu’on veut voir, ce sont les meilleurs navigateurs, les gens les plus malins. Il y a des ténors en navigation qui ne sont pas bons en vitesse pure. Et ils pourront mieux exprimer leur talent.»

Nouveau décor

Pour augmenter l’incertitude sportive, le tracé s’aventurera cette année vers des contrées inexplorées. Tout au Nord de l’Argentine et du Chili, où les véhicules lécheront pour la première fois la frontière péruvienne. «Par rapport au parcours, on est tous à égalité, s’inquiète Cyril Desprès, vainqueur sortant à moto. Il y a ce côté aventure. Sur deux ou trois étapes, on ne sait pas ce qui nous attend.» En clair, des canyons, des rios, des dunes. Le tout à haute altitude (parfois plus de 4.000m).

Sur ces terrains, qui n’ont tout de même rien à voir avec les grands espaces du désert africain, il est pourtant possible de perdre son chemin. Pour compliquer la tâche des pilotes, les organisateurs ont décidé de limiter l’utilisation du GPS. Sur chaque spéciale, plusieurs «check points» ont été placés. Jusqu’à l’an dernier, les concurrents étaient guidés par leur technologie dans un rayon de 3km pour viser leur cible. Il faut maintenant s’approcher à 800m du point pour que le GPS se déclenche.

La prime à l’expérience

David Castera, le directeur sportif du Dakar promet que «cela va compliquer la donne, surtout pour les premiers, qui roulent là où il n’y a pas de traces. Ça va jardiner (tourner en rond dans le jargon) dans tous les sens. Il devrait y avoir des surprises, les pilotes n’auront pas le droit de se déconcentrer.» Seuls les concurrents expérimentés éviteront le piège. «Quelqu’un de calme, serein et qui connaît bien la mécanique, analyse Luc Alphand. Je pense à Jean-Pierre Cottret, le copilote de Stéphane Peterhansel qui est le meilleur dans ce domaine. C’est lui la référence. Le modèle à suivre.»