Dans la tête du meilleur gardien de LNH

HANDBALL Le gardien d'Ivry contribue à la réussite de son équipe en championnat...

Propos recueillis par Romain Scotto

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Le gardien du club d'Ivry, François-Xavier Chapon, lors d'un entraînement à Ivry, le 7 décembre 2010.
Le gardien du club d'Ivry, François-Xavier Chapon, lors d'un entraînement à Ivry, le 7 décembre 2010. — S.Ortola/20minutes

Depuis le début de la saison, le gardien d’Ivry (6e) présente les meilleures stats (pourcentages d’arrêts) du championnat. Tout proche de l’équipe de France, selon son coach, François-Xavier Chapon évoque les quatre axes de sa réussite actuelle. Intrusion dans la tête d’un gardien toujours en quête de l'état de grâce…

Mémorisation. «Mon vrai secret, c’est la connaissance des joueurs. Je n’ai pas de fiches. Tout est dans ma tête. Je connais leur façon de tirer. Leur gestes, s’ils sautent, s’ils tirent en retombant, aiment les roucoulettes. Connaître ça, c’est la moitié du travail. Après, ce sont les réflexes. Les séances vidéo pour voir comment les tireurs se placent. En fonction de leur envergure, il y a des attitudes à avoir. Ce travail s’effectue avant le match et quand j’arrive dans la salle, je remémorise cela.»

Implication. «En ce moment, je me sens bien parce que j’ai beaucoup de temps de jeu. Depuis novembre, je ne partage plus le but avec un autre gardien. Ça aide pour la confiance. Physiquement j’ai la chance de ne pas avoir de pépins et il faut dire ce qui est, ce n’est pas le poste le plus compliqué. Quand on est gardien, le fait de répéter les matchs est fatigant pour la tête. Ça fait péter les niveaux de concentration. Il faut être très impliqué sur la durée, régulier. Moi j’aime beaucoup Thierry Omeyer pour cela. Il a une régularité impressionnante.»

Superstition. «J’ai beaucoup de petits rituels, surtout à la maison où je suis seul et où je me gère moi-même avant les matchs. En déplacement, je vis plus au rythme de l’équipe. A Ivry, je fais ma sieste toujours à la même heure, je mange la même chose, des coquillettes (au beurre ou sauce tomate). C’est peut-être idiot, mais je garde cette forme de pâtes. Après j’ai toujours les mêmes chaussettes, les mêmes sous-vêtements sportifs. J’ai toujours la même coquille (pour les parties) et la même paire de chaussures pendant les matchs. Tant que ça marche…»

Concentration. «Avec les années, je suis plus calme dans le but. Je suis plus en retrait, plus lucide. J’essaye de rester calme tout en montant en pression. Le problème c’est que sui je m’énerve je sors du match. Pendant une rencontre, il faut réussir à rester concentré tout en étant alerte. Vif. C’est un compromis qu’il faut trouver en permanence. Gérer le niveau de nervosité pour conserver de la vigilance. C’est ça la concentration.»