PSG: Tout comprendre sur le forfait d'Edel, atteint de la toxoplasmose

FOOTBALL Atteint par la toxoplasmose, le gardien du PSG prend un traitement considéré comme d'opant par l'AFLD

Antoine Maes

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Apoula Edel, le gardien du PSG, le 31 octobre dernier lors d'un match à Montpellier.
Apoula Edel, le gardien du PSG, le 31 octobre dernier lors d'un match à Montpellier. — DAMOURETTE/SIPA

Apoula Edel n’est pas verni. Après avoir fait rire la Ligue 1 à cause de ses bourdes, après avoir suscité la polémique sur son âge réel, le gardien est maintenant au cœur d’un imbroglio médical. Victime de la toxoplasmose, le Parisien suit un traitement considéré comme dopant par l’Agence française de lutte contre le dopage, mais pas par l’UEFA. Explications avec Gérard Dine, médecin spécialiste du dopage.

C’est quoi la toxoplasmose?

«Une maladie parasitaire unicellulaire», explique Gérard Dine. Concrètement, ce n’est ni un virus, ni une bactérie. «C’est très fréquent. Cela s’attrape en mangeant de la viande qui n’est pas assez cuite ou au contact d’un animal, comme un chat», détaille le médecin. Voilà pourquoi on appelle aussi la toxoplasmose «la maladie de la litière». «Dans 95% des cas, c’est bénin. Même si ça peut être ennuyeux quand on fait du sport».

Pourquoi Edel n’a pas joué à Lorient?

«Pour éviter toute infraction», a expliqué le PSG dimanche dans un communiqué. Pourtant, «en général, le traitement est un antibiotique, la rovamycine, qui n’est pas sur la liste des produits dopants de l’AFLD», s’étonne Gérard Dine. Pour traiter la toxoplasmose oculaire, la forme dont soufre Edel, on peut aussi se voir prescrire de la Prednisone, un corticostéroïde, qui fait lui partie de la liste des produits interdits. «Ca peut accélérer le temps de traitement», promet Gérard Dine.

Pourquoi l’UEFA et l’AFLD ne sont pas d’accord?

C’est la bizarrerie de ce dossier. Le PSG assure avoir reçu l’autorisation de l’UEFA. C’est l’AFLD qui n’a pas accordé d’Autorisation à usage thérapeutique (AUT) à Edel. «Là, on entre dans le registre du légal. L’AFLD a peut être voulu faire respecter son terrain de chasse. L’UEFA a peut être estimé que pour une toxoplasmose, il était légitime de traiter avec un corticostéroïde», poursuit Gérard Dine. En attendant, le club de la capitale a réclamé une «uniformisation des décisions des instances européennes et françaises».

Quand Edel pourra t-il rejouer?

Dès samedi, à Caen, si le PSG, qui a renouvelé sa demande lundi après-midi, arrive à convaincre l’AFLD de lui accorder une AUT. Dans le cas contraire, soit le gardien parisien poursuit son traitement et il ne pourra pas jouer, soit il l’arrête assez tôt pour que toutes les traces aient disparu de son organisme.