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Equipe de France: Novices, mais bientôt «Experts»

Equipe de France: Novices, mais bientôt «Experts»

HANDBALLAvant le Mondial 2011, Claude Onesta a intégré au groupe plusieurs joueurs de la nouvelle génération...
Romain Scotto

Romain Scotto

Dans quelques jours, Kentin Mahé ne pourra plus peigner sa mèche rebelle. A 19 ans, l’ailier de Rheinland, en Allemagne, a entendu parler du traitement réservé à tout nouvel invité en équipe de France: un petit coup de tondeuse sur le crâne, en guise de bizutage.

Arnaud Bingo, l’autre nouveau Bleu, y passera aussi, lors de cette semaine de stage où la France affrontera deux fois la Tunisie en amical (28 et 30 octobre). A deux mois et demi du Mondial suédois, Claude Onesta a choisi de lancer quelques jeunes dans un groupe amputé quelques blessés, dont Guigou, Karabatic ou Narcisse.

Se fondre dans le moule

A court terme, cela libère forcément quelques places. «Plutôt que de faire venir un joueur de 28 ans qu’on ne rappellera que quelques fois, on essaye d’imaginer le futur de cette équipe de France, justifie le sélectionneur. Il est plus utile de se projeter sur l’avenir avec ces jeunes qui constitueront l’ossature du groupe après Londres 2012.»

Parmi eux, Xavier Barachet ou William Accabray font déjà figure de grands frères. Présents dans le groupe depuis plus d’un an, les deux joueurs connaissent bien la problématique proposée à la relève des «Experts». Quoi qu’il arrive, cette génération est condamnée à faire moins bien que la précédente. Au mieux, les nouveaux perpétueront la tradition d’une équipe couverte d’or depuis deux ans. Pas simple.

«On a besoin de leur enthousiasme»

«On ne pense pas trop à ça, confirme Samuel Honrubia, blessé au pectoral droit, mais appelé par Onesta pour le stage. La relève n’est pas facile à assurer, oui, mais il ne faut pas commencer à se poser ce genre de question. On est là pour apprendre, s’installer, essayer de marquer des points, se fondre dans le groupe.»

Onesta, lui, distingue différentes phases quand il évoque ses jeunes. L'installation pour les novices, puis l'acclimatation et la prise de responsabilités pour les plus expérimentés. Pour chacun d’eux, l'idée est de rendre «cette aventure profitable.»

Un bol d'air pour Fernandez

A l’heure de les intégrer, le mot «cohésion» revient donc en boucle dans les discussions. «Cette semaine, on fait tout pour qu’ils se sentent le plus à l’aise possible, explique Jérôme Fernandez, 303 sélections au compteur. On a besoin de leur enthousiasme.

Pour certains, on est là depuis plus de dix ans, et on a perdu cette spontanéité dans le jeu. Cet enthousiasme. De voir ces jeunes talents arriver, ça nous donne envie de repartir à fond.» Comme si ces Bleus là avaient souvent calé depuis deux ans...

Ce qu'Onesta pense d'eux...

William Accambray
«Il a franchi un pallier en ce début de saison. L’année dernière, ce n’était pas un joueur performant sur le plan international. Là, c’est le meilleur joueur de Montpellier, le plus régulier, le moins blessé.»

Samuel Honrubia
«Il n’a pas beaucoup eu l'occasion de se mettre en valeur à cause de ses blessures. Il ne lui manque pas grand-chose pour devenir un joueur important. Si ce n’est, plus de temps de jeu et de responsabilité qu’il en a à Montpellier. Le fait de côtoyer Michaël Guigou n’est pas facile. Il n’a pas de responsabilités dans les matchs compliqués.»

Arnaud Bingo
«Il a le profil de Lucho (Abalo) mais sur l’autre aile. Par moment, il peut faire preuve d’inconstance, mais aussi de folie. Il est capable de nous émerveiller, ou de nous angoisser. Le fait d’être polyvalent en club est un avantage, mais en sélection, il faudra qu’il se positionne sur un poste.»

Kentin Mahé
«C’est le fils de Pascal (ancien international), mais on le connaît depuis plusieurs années. Ce rassemblement, c’est l’opportunité de lui dire qu’on garde un œil sur lui. On va lui dire ce qu’on attend pour qu’il devienne un joueur régulier de l’équipe de France.»